OMISSION DE QDELQDES ESPÈCES
lecture; que riiomme religieux qui n'a pas acquis Tidée du créateur sans celle de la création , remontera de Taspect des moissons à la pensée du Dieu qui les accorde, et que le métaphysicien, habitué à chercher la cause non des phénomènes physiques , mais des idées, sera conduit du spectacle de ses souvenirs à l'examen de leur liaison.
s 3. Omission de quelques espèces de mémoires dans la théorie phrénologique.
Nous pouvons donc maintenir les lois de l'association des idées telles qu'elles ont été posées par les métaphysiciens et passer à l'examen de la théorie phrénologique sur les diverses espèces de mémoires.
« La mémoire , dit Spurzheim, me paraît être la reproduction de chaque perception (1).»
Cette détinition n'est pas très-satisfaisante , car une perception reproduite serait une seconde perception, et nous ne pourrions plus distinguer nos souvenirsVavec nos perceptions. L'auteur regarde ce pouvoir de reproduction comme le deuxième degré d activité de toute faculté intellectuelle. Nous avons montré que le souvenir et la perception ne diiïèrenl pas de degré mais de nature, et que Spurzheim, avec l'intention d'attribuer le souvenir et la perception au même organe , a cependant
(1; Ol>s, p. 33a.
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rapporté la première aux nerfs des sens et la seconde aux organes cérébraux (1).
De môme que nous avons proposé quelques changements à la liste des perceptions dressée par la plirénologie , nous demanderons aussi quelques rectifications sur la liste des différentes espèces de souvenirs.
Spurzlieim distingue la mémoire de l'étendue d'avec la mémoire du coloris et d'avec la mémoire de la forme (2), et cette distinction est conforme à l'expérience, mais il est inutile de distinguer la mémoire de l'étendue d'avec la mémoire de la distance, comme l'a fait M. YimontO;, parce que la distance n'est qu'une étendue entre deux points.
La mémoire des formes avait été appelée par Gall mcmoù'c des personnes. Spurzlieim fit observer à son maître qu'on ne distinguait les personnes que par les traits de leur visage, et par conséquent par la configuration,
ou la forme. Gall répondit : u Lorsque je me lève de
)) table , je ne sais plus reconnaître les personnes qui )) élaient placées près de moi;.... et cependant je dis- )) cerne à des distances considérables les oiseaux les uns )) des autres, et les plantes à leur seul habitus. J'ai )) toujours saisi avec une grande facilité les formes nom- )) breuses de la tête ; s'il était besoin de diriger un pein- )) tre, je serais certainement en état de lui indiquer les )) traits les plus caractéristiques de la personne dont il )) s'agirait de faire le portrait (i) » .
(1) Voy. 3'^ part., ch. I", S 9.
(3) Obs., p. 28i.
(4) Ànat., t. 4, p. 62-3.
\tt OMISSION DE QUELQDES ESPÈCES
Ce passage nous montre la candeur du docteur Gall , la rigueur avec laquelle il se tenait au pur empirisme, s interdisant jusqu'à Tombre d'une généralisation. Je ne reconnais pas les personnes, et je reconnais les oiseaux, donc il y a une mémoire spéciale des personnes ; mais il aurait dû aller plus loin , et conclure qu'il y avait une mémoire des oiseaux. Avec un peu moins de répugnance pour l'induction , Gall se serait aperçu que lui , qui « était capable d'indiquer à un peintre les traits » les plus caractéristiques d'une personne » , eût reconnu ses voisins de table , s'il eût pris la peine de les regarder, Spurzlieim a donc bien fait de changer la mémoire des personnes en mémoire de la configuration. II faut ajouter, cependant , que la physionomie ne se compose pas seulement de la configuration , et qu elle comprend encore le coloris et l'étendue, ainsi que l'expression qui résulte de ces trois éléments combinés. Cette observation n'a pas pour but de reconstituer la spécialité de la mémoire des personnes , mais de la résoudre en un plus grand nombre d'éléments simples que ne l'a fait le docteur Spurzlieim.
Ce savant reconnut donc une mémoire de l'étendue et une mémoire de la forme ; mais il n'opéra pas dans le sein de chacune d'elles un dédoublement qui paraît nécessaire. Tous les exemples qu'il cite de ces deux genres de mémoires s'appliquent à l'étendue et à la forme des couleurs (1). Cependant une personne pourrait fort mal apprécier les grandeurs et les formes de couleurs, et juger très-exactement, et par conséquent se souvenir desgran-
(l) Obs , p. 279,281.