MÉMOIRE DU NOMBRE
nique, convaincant; ce qui faisait dire à Gall : « Pour )) Yhabitativ'itc , etc., nous eu avons souvent parlé; » mais je suis toujours d'avis qu'il ne convient de la re- » cevoir dans le nombre des organes, que quand le siège )) en sera prouvé par un assez grand nombre dobser- » vations exactes (1). »
S 5. Mémoire du nombre.
Nous arrivons maintenant à ces espèces de mémoires qui ne se rattachent nécessairement à aucune perception en particulier , quoique, suivant les individus , elles aient plus de rapport avec l'un qu'avec l'autre de nos sens.
Occupons -nous d'abord de la mémoire du nombre. Le nombre nous est donné par tous les sens ; mais celui qui le donne le plus simultanément ou dans la succession la plus prompte, c'est la vue. Tous les exemples de calculs rapides sont empruntés à la vue : tantôt, c'est ira général qui apprécie exactement d'un coup d'œil le nombre de l'ennemi; tantôt, c'est un joueur qui saisit, à une seule inspection, le nombre des points qui lui sont favorables ou contraires. Le calcul de tête n'est le plus souvent que la mémoire d'un nombre visuel ; le calculateur voit comme se peindre dans son esprit des groupes d'unités qu'il associe ou désassocie suivant le but qu'il se propose. Gall rapporte qu'un jeune enfant de Pijlten, fort habile calculateur, voyait les nombres sur lesquels il opérait
(1) .ina/., t. 3, p. 24. Voyez aussi le présent ouvrage, 4' partie, ch, I, StO.
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de tête, comme s'ils étaient écrits sur une ardoise (1). Quelquefois le souvenir d'un nombre n'est que le souvenir même des ligures ou chiffres , soit arabes , soit romains qui l'expriment , et dans ce cas , c'est la mémoire des formes qui agit. Autre chose est de retenir les nuances, les étendues et les formes de couleur ; autre chose est de se peindre les groupes d'unité dont nous parlions tout à l'heure. Il semble jusqu'ici , que nous envisagions la mémoire du nombre comme une des mémoires de la vue ; mais les musiciens qui saisissent, à l'audition, le nombre des notes émises dans une ou plusieurs mesures , possèdent une mémoire du nombre qui n'est pas liée à la vue ; ils se représentent des unités de sons qu'ils composent ou décomposent , comme les autres le font des unités peintes qu'ils se Ogurent dans leur esprit. Il est très -probable que l'aveugle , pour compter , se représente des unités tactiles ou audibles. Celui qui serait privé de la vue , de l'ouïe et du toucher , s'il existait encore , compterait avec les souvenirs des unités d'odeurs et de saveurs , et probablement , il serait un bien faible calculateur.
Quant à la mémoire qui sert aux enfants pour apprendre les opérations arithmétiques, c'est souvent la mémoire verbale. L'ensemble des mots huit et huit font seize ou Jadt fois huit font soixante-quatre , sonne à leur oreille comme un seul mot ; il n'y a pas là de mémoire abstraite du nombre.
Ces observations n'ont rien de contraire à l'opinion des plirénologisles sur la mémoire spéciale du nombre Nous
(1) Jnat., t. i, p. 133.