‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 63 sur 115 · MÉMOIRE DE LA DURÉE. 18S · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE LA DURÉE. 18S

leur reprocherons seulement de l'avoir regardée comme plus abstraite quelle ne Test en effet, et de n'en avoir pas accusé la liaison assez étroite avec les souvenirs de la vue. Il y a lieu de s'étonner que lorgane de cette mémoire soit plus voisin de celui de la mélodie que de celui de l'étendue et de la forme visible. Nous ferons observer aussi que Gall a tort de rapporter à la même faculté riiabileté arithmétique et l'habileté géométrique (1). Cette dernière est é\1demment une dépendance de la mémoire des formes , à laquelle le docteur a lui-même rapporté la combinaison des lignes et des figures qui constitue Ihabileté des joueurs d échecs.

5 C. Mémoire de la durée.

La mémoire de la durée est aussi une mémoire fort abstraite et fort inégalement répartie. Quelques personnes ont sous ce rapport , une admirable perspicacité. S'ils font une marche , ils savent combien de temps ils ont marché; s'ils s'endorment , ils diront au réveil combien de temps ils ont sommeillé ; à quelque moment du jour que vous les preniez , ils vous indiqueront l'heure, presque avec l'exactitude de l'horloge. C'est cette mémoire qui forme ce qu'on appelle le sentiment de la mesure en musique , sentiment distinct de celui de la mélodie. M. Royer- Coliard cite l'exemple des médecins qui, à la cinquième ou sixième pulsation , reconnaissent si le pouls bat soixantequinze ou quatre-vingt fois par minute, et apprécient ainsi une différence d'un quarantième de seconde (2).

(1) Jnat.,l.i,i,. 126.

(2) Fragments philosophiques cité» dans la trad. de Reid, par M. Jouffroy, t. 4, p. 404,

Page 1