‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 78 sur 115 · AVEC LA BIENVEILLANCE · texte numérisé non relu

AVEC LA BIENVEILLANCE

la bienveillance en violant la justice. Gall écrit encore : (( Lorsque la bienveillance donne trop de latitude à la » méchanceté, et que celle-ci s'enhardit par l'indul- 1) gence , le sentiment du juste reprend ses droits : il )) n'est pas juste que la bonté devienne le jouet de l'en- )) vie, de la malignité et de l'ingratitude (1). » Le docteur nous montre ici le sens moral et la bienveillance en contradiction l'un avec l'autre ; ils ne sont donc pas les degrés divers d'une seule et même faculté. Enfin , il ajoute pour prouver que les animaux ont une bienfaisance active : « Des chiens se jettent à l'eau pour sauver ceux qui )) se noient.... ils assaillent avec fureur des assassins.... )) il ne serait même pas difficile de prouver que plusieurs » espèces d'animaux sont pourvus jusqu'à un certain de- » gré d'un sens moral , d'un sentiment du juste et de Tin- )) juste (2). )) Plus haut, la bienveillance était le degré supérieur du sens moral , ici îe sens moral est le degré supérieur de la bienveillance. Le docteur Gaîl a donc démontré lui-même la différence de nature qui existe entre le sens moral et la bienveillance : « Le sens moral , » a-t-il dit , se renferme dans les choses de première né- )> cessité. Le but de la bienveillance quoique moins né- )) cessaire est beaucoup plus élevé : le juste ne fait que V son devoir, ses actes ne sont point méritoires (3). » Yoilà le sens moral sans la bienveillance ; ces hommes dont parle le docteur, qui « tout en oubliant leur devoir )) et les actes les plus ordinaires de justice , font preuve » de la plus noble bienveillance (4) , » nous montrent

(3) Jbid., 207-208.

(i) Ibid., p. 20S.

Î3* THÉORIE PHRÉNOLOGIOCE

la bienveillance séparée du sens moral -. il est done impossible de ne voir ici que les nuances d'une seule et même faculté.

s 3. Théorie phrénologique sur la faculté morale-

Spurzheim a senti les contradictions de son maître, et il a fait deux facultés du sens moral et de la bienveillance; mais il a laissé planer sur la première les ténèbres que Gall y avait amassées. Les notions du sens moral , comme nous l'avons dit, peuvent se résumer ainsi : 1° tempérance, courage, prédominance de l'esprit sur le corps : moj-ale individuelle ; 2° ne nuire à personne et servir ses proches -.justice obligatoire , première partie de la morale sociale ; 3" servir tous les hommes : générosité^ dévouemefit , deuxième partie de la morale sociale . Ce sont là des prescriptions précises, claires, fécondes, à Taide desquelles on peut écrire les codes de toutes les nations. Gall, au contraire, fait du sens moral une sorte de cachet dont nous pouvons arbitrairement marquer telle ou telle action. «Quand » il est convenu que telle chose est bonne ou mauvaise , «juste ou injuste, le sens moral devient le régulateur de )) nos actions (1). » Mais quelle lumière indique que telle action est juste ou injuste, si ce n'est pas le sens moral? Dés que vous pouvez convenir de la justice et de l'injustice, sans le secours du sens moral, vous n'avez pas besoin de lui pour régulariser vos actions. «Le sens moral n'est » pas le principe d'un acte déterminé , il est le principe

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