THÉORIE DE GALL
)) sur la faculté dont l'excès produit des inductions )) inexactes, elle dispose à des généralités vagues, m et il aurait senti le double emploi.
M. Vimont dit à son tour : « La masse de glace se » forme : son volume et sa couleur seront appréciées par » les organes de la conCguration et du coloris ; le chan- » gement de l'état solide à l'état liquide sera perçu par )) l'éventualité ; la faculté qui élabora un rapport entre » l'état liquide de la glace et celui du plomb, du mercure,
)) sera la comparaison La comparaison est l'appré-
)) dation de l'état des corps avec l'idée de rapport, de re- M lation (1). » De même que la mémoire, jointe à la perception, suffît pour nous donner l'idée de changement et qu'il est inutile de constituer à cet effet la faculté d'eVe/itualité, de même encore, la perception et la mémoire suffisent pour nous faire connaître la ressemblance du plomb liquide avec l'eau, sans l'intervention d'une faculté spéciale de comparaison. La perception et la mémoire sont donc les facultés qui nous font apprécier l'état relatif des corps, et comme les corps ne nous sont véritablement connus que par leurs ressemblances et leurs différences, il est impossible d'apprécier Xètat des corps sans avoir par cela même Vidée de rapport ou de relation.
S 9. Théorie de G ail sur l'esprit métaphysique.
L'incertitude des phrénologistes sur le sujet dont nous avons traité dans les deux paragraphes précédents leur a été léguée par le père de leur doctrine.
SUR L'ESPRIT MÉTAPHYSIOUF.. 250
Le docteur Gall s'est efforcé en vain de donner une définition satisfaisante des deux facultés qu'il appelait comparaison et esprit Diétaphjsique, et de tracer entre l'une et l'autre une ligne de démarcation. Yoici comment il décrit Y esprit inétaphjsique ou la profonde m- d'esprit : « La tendance des génies profonds n'est pas la môme; le » domaine de l'un est le monde matériel, celui de Tautre )) est le monde spirituel; Fun veut connaître ce qui est : il » fait de l'observation la base de ses méditations ; il re- » cherche le rapport de cause et d'effet; l'autre, dédai- )) gnant le monde matériel, s'élève dans le monde des es- )) prits, et se créant un univers d'êtres idéaux, contemple » l'esprit dans ses effets, comme esprit, et ne tient aucun )) compte des conditions matérielles de ses fonctions; il )) est à la recherche de vérités générales, de principes gé- )) néraux, et selon lui tout ce qui existe ici-bas doit être )) conforme à ces idées générales (1).» Ainsi, le trait commun de tous les esprits métaphysiques, qu'ils s'appliquent au monde matériel ou au monde spirituel, c'est la recherche du rapport de cause et d'cOet et des généralités. Voici maintenant le rôle de Yesprit de comparaison : « découvrir les ressemblances et les contrastes (2), bien )) saisir les rapports des choses, des circonstances, des )) événements (3).» îl s'agit encore ici de généralités et du rapport de cause et d'cSet. Nous avons vu que le rapport de cause et d'effet nous est fourni par l'idée de volonté et de force motrice , et que la généralisation dépend de la faculté i-nducîivc. Le docteur Gall est libre de donner à
(3) Jb., p. 168.
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cette faculté le nom d'esprit métapliysique , comme Spurzîieim, le nom de causalité, mais ils commettent l'un el l'autre un double emploi en lui adjoignant la faculté de comparaison.
Les piirénologistes ne sont donc pas parvenus à constituer à part les facultés de comparaison et de causalité, et sous ce double titre, ils n ont donné que la faculté de généralisation inductive.
Mais nous n'avons pas seulement à leur reprocher d'avoir mal nommé et surtout mal décrit cette dernière faculté, nous leur ferons le reproche plus grave d'avoir entièrement oublié cette conception de l'infini, à laquelle la réflexion ne peut manquer de nous conduire, et qui, plus que toutes les autres, élève rimmanilé au-dessus des choses terrestres et des misères de notre humble condition. Sans doute, il est difficile de comprendre comment cette conception peut s'attacher à un organe cérébral. Mais si la phrénologie partage ce scrupule, elle devrait l'énoncer et n'en pas moins compter parmi les facultés intellectuelles la conception qui se trouve au sommet et à la base de toutes les méditations de haute métaphysique, et qu'on ne peut négUger sans se mettre en contradiction avec les plus beaux génies de toutes les époques de Thistoire.
INous avons terminé la revue des facultés intellectuelles.
Reprenons en peu de mots les critiques que nous avons faites de la théorie phrénologique sur cet important sujet. La phrénologie regarde la mémoire comme un second degré de la perception, confondant une dlîTérence de nature avec une différence de degré , et oubliant que , de* son aveu même , les perceptions ap-
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paitiennent aux nerfs et les mémoires aux organes cérébraux. Elle laisse quelque confusion et quelque lacune dans la liste des perceptions. Sous le nom (ïi/idividualitè , elle crée une faculté inutile dans laquelle il ne faut voir probablement que la mémoire des choses tangibles. Elle commet encore des omissions dans l'analyse des dilTérentcs espèces de mémoires. Elle confond plusieurs attributions diverses dans les facultés quelle appelle locdlitc et éueutunUic. Eile n"a pas analysé et séparé les diverses espèces d'imagination, et elle les a rapportées aux mêmes organes que les diverses espèces de mémoires. Elle ne donne pas le véritable caractère de la faculté du langage natui'el et n'y comprend pas Tarticulation. La manière dont elle présente la faculté morale condamne celle-ci à nôtre qu'une faculté inutile et dérisoire. Enfin dans la liste des plus hautes facultés de l'intelligence, elle introduit une faculté de comparaisoîi qui fait double emploi avec plusieurs autres ; elle ne décrit pas exactement la généraiisation inductive qu'elle appelle à tort causalité, et elle passe sous silence la conception nécessaire de l'iniini.