‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 85 sur 115 · DE L\ FACULTÉ D'ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

DE L\ FACULTÉ D'ESPÉRANCE

)) ceux qui ne font que former des projets (1). » Sans doute il faut distinguer le désir d'avec l'espérance. Le premier est une affection excitée par Tabsence de 1 objet; la seconde renferme de plus une induction, mas elle n'est pas pour cela une faculté spéciale. S'il est vrai qu'un malheur actuel nous fasse augurer des malheurs pour l'avenir, et qu'un bonheur présent nous encourage dans l'attente d'autres bonheurs, conmie toute affection a deux côtés, le plaisir et la peine, il suffit d'une organisation générale, en vertu de laquelle nous soyons plus sensibles à l'un ou à l'autre de ces deux modes, pour qu'il en résulte un contre-coup dans notre induction, et que nous attendions habituellement plus de bonheur ou plus de malheur. De là vient que les uns ont plus de sérénité, ou, comme on le dit, de bonne humeur, et les autres plus de mélancolie.

C'est ce qui fait que Racine a pu écrire dans le même ouvrage, sans choquer personne, ces deux maximes opposées :

» Et nos cœurs se formant mille soins superflus

" Doutent toujours du bien qu'ils souhaitent le plus.

( Alexandre , acte II, scène ii. )

» Vous poussez un peu loin vos vœux précipités^ » Et vous croyez trop tôt ce rpie vous souhaitez.

{Ibid, acte m, scène i.)

Nous admettons donc aussi une disposition natu-

(1) Obs., p, 20G-7,

relie soit à l'espérance, soit au découragement, mais nous la faisons résulter d'un mode général de raffeclivité, et non pas d'une faculté spéciale.

Quant à l'organe que Spurzbeim assigne à cette prétendue faculté , il ne s'est exprimé sur ce point que d'une manière dubitative (1), et nous pouvons affirmer qu'on n'a jamais donné à ce sujet une preuve organologique satisfaisante , c'est-à-dire qu'on n'a jamais présenté un cerveau où un développement remarquable de la prétendue circonvolution de l'espérance correspondît à un caractère bien nettement et bien franchement marqué par ce sentiment. Les motifs qui portaient Spurzbeim à supposer cet organe sont des raisons toutes psychologiques. « Ce sentiment est nécessaire au bonheur de )) l'homme dans presque toutes les situations , et il y con- )) tribue ordinairement plus que la réussite de ses pro- )) jets. Cette circonstance seule, indépendamment des » autres preuves, me disposerait à placer l'espérance au )) rang des facultés primitives (2). » Ces autres preuves, Spurzbeim ne les donne pas, et comme il remarque le rôle que joue l'espérance dans le sentiment religieux, il place par conjecture l'organe de l'espérance à côté de ceux de la uéuéraLio?i et de la meiveillosité qu'il fait concourir aussi à la religion (3). Mais que l'espérance soit une faculté spéciale ou le résultat de l'influence de raOectivilé sur l'induction, la vue providenlielle , que l'auteur nous signale dans la concession de l'espérauce à l'humanité, n'en existe pas moins, car il faut rapporter au créa-

CJ) Obs., p. 207.

(2) Obs., p. 200.

(.■)) Manuel, p. 50; Obs., p. 'i07.

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