‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 86 sur 115 · DE LA FACULTK D'ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

DE LA FACULTK D'ESPÉRANCE

teur non-seulement Texislence isolée de chaque faculté, mais encore l'action des fac.îlîésconihinées. Nous avons, dans le passage qui précède , une nouvelle preuve que Spurzheim ne faisait pas toujours reposer l'existence d'une faculté sur forgane, puisqu'il se déclare disposé à admettre l'existence de Tespérance comme faculté spéciale, par un motif tiré des vues de la providence , et indépendamment des autres preuves.

Pour défendre la spécialité de fespérauce, M. Vimout cite l'exemple d'un homme à projets, qui mit successivement lespoir de sa fortune dans la liqueur lancée par les mamelles du dauphin, dans les aérostats à grande dimension, et dans le magnétisme animal (1). Mais M. Vimout se charge lui-même d'expliquer ce caractère, sans avoir recours à une faculté spéciale d'espérance :

u Avec des facultés intellectuelles ou des talents au- )) dessous du médiocre, la prédominance des sentiments )) de l'approbation et de l'amour de soi produit des dé- )) ceptious de toute espèce (2). » La réaction de l'estime de soi et de l'amour du merveilleux sur l'induction est la cause la plus commune des chimères qui bercent l'homme à projets. Et si, comme le croit M. Yimont, J.-J. Rousseau était remarquable par la fermeté de ses espérances (3), c'est que ce philosophe, qui n'était pas d'ailleurs dépourvu d'un certain goût pour le merveilleux , pouvait surtout retremper son espoir dans la source abondante de son orgueil.

(2) Ib., p. 613.

270 [ DU RESSEINTlMt.^r INSTIïNGTir ,

S 3. Db ressenliment iostinctif, mode de toutes les alTections.

Un autre mode général de raflectivité, c'est le ressentiment subit que nous éprouvons lorsqu'une atteinte, môme involontaire, est portée à Tobjet d'une de nos affections. Il se produit alors en nous une émotion dont le degré supérieur est la colère, et qui nous fait prendre en haine l'auteur de Tacte nuisible. Que nous soyons heurtés dans une foule, en même temps que nous éprouvons une douleur physique , nous ressentons une amertume intérieure. Le même phénomène se reproduit si le mal est tombé sur un être animé ou inanimé qui nous intéresse.

Ce mode inséparable de toute aflTection avait été considéré par Thomas Reid comme une aflTcclion spéciale, que, suivant l'exemple d'Hutcheson , il distinguait d'avec le ressentiment rationel causé par la violation de la justice, et il lui donnait le nom de ressentiment animal ou irrôiléchi (1). Il avait fait remarquer que ce courroux est excité même par le dommage qui nous vient des objets inanimés. De là notre emportement contre le couteau qui nous blesse ou la poutre qui nous tombe sur le pied, et la vengeance que le joueur malheureux exerce sur les dés ou sur les cartes (2). Il avait ajouté que le ressentiment instinctif dispose la faculté motrice à exécuter non-

[(2) Reid, t. G, p. 87-88.

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