CI.ÎTIQUE DE L\ SÉCRÉTIVITÉ
calant entre la circonspection et la ruse une troisième faculté qu'il appelle sentiment de la conseruation , et à laquelle il attribue des effets semblables à ceux des deux premières. Ainsi il dit dune part :
« L'oiseau qui ne s'approche qu'obliquement de Tap- )> pat qu'on lui jette , n'obéit pas à la ruse , mais à la cir- )) co7ispection , il ne cherche pas à tromper , il est seu- )) lenient sur ses gardes ( l ) . »
Et ailleurs il ajoute : « La ruse qui nous porte à )) deviner les projets des autres , contribue à rendre » très-dêjiants ceux qui la possèdent dans un haut » degré (2). »
Et ailleurs encore : « L'impulsion instinctive qui » porte les animaux à fuir ou à se tenir sur leurs gardes » est X instinct de la conservation (3). »
Dira-t-on encore que l'organologie fixera la psychologie lorsque l'analyse des faits psychologiques n'est pas mieux faite et qu'on attribue un même résultat à trois organes différents ? Que devient la prétendue démonstration de la faculté par l'organe ? que devient l'espoir même de démontrer l'organe par la faculté? psychologie et organologie , tout est enseveli dans un même tombeau.
Il faut donc reconnaître comme facultés préservatrices : 1° Des appréhensions instinctives , à priori, devançant rexpérieucc et distinctes de l'appréhension raisounée qui est le résultat de l'induction , et qui mérite seule le nom de circonspection ; T un instinct de ruse
(2j //'ici, p. 190.
(3) /ia/., p. 100.
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dont les deux modes quelquefois séparés et le plus souvent réunis , sont la dissimulation cl la simulation.
S 20. Confiance on soi-même.
Nous arrivons à un groupe d'afîections comprises dans la langue vulgaire sous le nom damour-propre , mais qui n en sont pas moins distinctes les unes des autres. L'acception la plus commune du ternie amour-propre , signifie la disposition d'un homme qui a pris de lui-même une plus haute opinion que son mérite ne le permet. Mais on dit encore quuu homme a de Tamour-propre lorsqu'il redoute de se voir surpasser par d'autres , ou qu'il recherche la louange , ou qu'il est jaloux de son indépendance et ne souffre pas qu'on lui fasse la loi , ou qu'enfin il veut commander. Il y a pourtant ici des tendances fort diverses et qui sont souvent séparées.
Reid avait dit : « Il est une confiance qui vient de ce » qu'on s'attribue des talents ou des vertus qu'on n'a » pas , ou qu'on attache une trop grande valeur à quel- )) que avantage de l'esprit , du corps ou de la fortune )) qu'on possède. Cette confiance est l'orgueil proprement » dit , qui est la source d'une foule de vices odieux , tels )) que l'arrogance , l'injuste mépris des autres , la pré- )) somption et lamour-propre (1). »
- « L'opinion que les hommes prennent d'eux-mêmes , » dit Spurzheim , ne dépend pas des circonstances exté-
(1) T. 0, p. ÎOS.