‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 94 sur 115 · AMOUR · texte numérisé non relu

AMOUR

pas conservées. Celui qui est possédé de l'amour de l'iiidcpeudance ne s'élève pas toujours pour cela jusqu'à l'amour du pouvoir , mais l'amour du pouvoir comprend toujours celui de l'indépendance.

Spurzheim attribue aussi l'amour de la liberté à lestime de soi combinée avec la fermeté (1). Nous reproduirons l'objection que nous avons déjà faite : Tamour de 1 indépendance est susceptible de nous faire déployer beaucoup de fermeté , c'est-à-dire de volonté , mais dans la sphère circonscrite de cet amour lui-même ; et ici encore ce n'est pas la fermeté qui produit l'amour de l'indépendance , c'est l'amour de l'indépendance qui produit la fermeté. Quanta l'estime de soi, pour aspirer à ne gouverner que soi-même , il n'est pas nécessaire d'avoir une très-haute opinion du seul sujet qu'on se réserve , et la passion de lindépendance se concilie parfaitement avec une extrême modestie.

S 23. Amour de l'approbalion (i).

Non-seulement nous aimons à posséder le plus d'avantages possible , mais nous aimons encore que nos semblables sachent que nous les possédons. Nous sommes flattés que l'on connaisse nos vertus, c'est le beau coté de l'amour de l estime ; mais nous nous plaisons à ce qu'on n'ignore pas nos talents, notre beauté, notre richesse, notre naissance, avantages que nous ne nous sommes pas donnés

(1) OLs., |). 1<.)8.

(2) Reld, t. 0, p. 42-55. D, Slewart, Facullc, aUwef, t. 1; p. il.

DE LAITr^OBATION. ;J33

nous-mêmes ; c'est une des faces de la vanité. «Quelquefois meniG nous nous contentons qu on nous suppose tous ces mérites , et c'est la pire de toutes les vanités. Le plaisir que nous causent lestime et l'éloge est démontré plus clairement encore par le vif chagrin que nous font ressentir le mépris et le blâme. On a vu des hommes se donner la mort pour une marque de désapprohalion.

L'enfance est très-avide de louanges, sans qu elle sache le parti qu'elle pourra tirer plus tard de l'estime , cl elle pleure dune réprimande qui ncst suivie d'aucune autre peine. JXous désirons donc l'approbation, abstraction faite des avantages matériels qu'elle peut produire , et nous redoutons le déshonneur sans penser aux privations physiques qu'il pourra nous imposer.

Oaîl et Spurzhcim nous semblent avoir bien caractérisé cette affection : nous n'avons à relever que quelques vices d'expressions causés probablement par le peu d habitude de la langue française. C'est à l'amour de la louange que Spurzheim applique les mots d'ambition et d'émulation (1) , quoique le premier terme soit plus ordinairement consacré à l'amour du pouvoir, et le second à l'amour de la supériorité réelle. C'est aussi en vertu de l'amour de l'approbation que, suivant Spurzheim, quelques animaux , tels que le cheval , le chien , le chat , se plaisent aux caresses de leur maître. Mais nous ne pouvons guère savoir si ces caresses sont pour le cheval et le chien des signes d'approbation ou des signes d'affections , et s'ils sont flattés dans leur désir d'estime ou dans leur attachement pour leur maître. Quant au chat, ani-

^l; Obi., p. 187,

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mal peu renommé pour son attachement , une caresse n'est évidemment pour lui qu'un plaisir corporel.

Résumons nos principales critiques au sujet des affections que nous appelons égoïstes : 1° la phrénologie n'a pas donné une attention suffisante au principe de l'activité physique ; la faculté motrice est distincte des facultés intellectuelles et affectives et ne peut figurer parmi les premières sous le nom de perception de la pesanteur, comme le voulait Spurzheim. De plus elle est une source de plaisir et produit la plus grande partie des faits que la phrénologie attribue à la combativité et à la destructif vite ; les autres faits du môme genre proviennent de l'instinct d'alimentation ou du ressentiment instinctif, mode de toutes les affections. 2" Il y a dans l'animal et dans l'homme des effrois instinctifs qui s'adressent à des objets déterminés et constants , et ces effrois se distinguent de la circonspection inductive. Au plaisir de Tactivité physique , au ressentiment et aux effrois instinctifs la nature a encore joint, pour nous préserver, un instinct de simulation et de dissimulation qui n'a rien de commun avec les principes précédents : au lieu de poser ces distinctions, la phrénologie a mis en avant une circonspection qui se confond avec la ruse chez Gall, avec la sécrétiuité chez Spurzheim, et avec la ruse et le sentiment de conservation chez M. Vimont. 3° La phrénologie attribue mal à propos le désir de supériorité et l'amour du commandement à lestime de soi , qui , bien ioin d'engendrer ces deux affections, va quelquefois jusqu'à les exclure.

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