‹ La psychologie et la phrénoloChapitre 97 sur 115 · M AFFECTIONS · texte numérisé non relu

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par là que, chez lui du moins , l'afiection filiale est un sentiment aveugle qui n'a besoin ni des vertus ni des bienfaits d'un père.

L'exemple précédent montre encore que l'affection ûliale ne vient pas de l'habitude. Quelques soins que prenne pendant de longues années une seconde femme , pour faire oublier aux enfants du premier lit la mère qu'ils n'ont souvent qu'entrevue, elle ne parvient pas à éteindre chez eux tout regret. C'est pour cela qu'on se prête si facilement à ces Actions sur la voix du sang, au désespoir d'OEdipe, qui a tué son père sans le connaître , à l'élégie d'un jeune poète sur un père qu'il n'a jamais connu, quoique dans tous ces exemples il n'y ait pas trace d'intérêt, d'habitude, d'estime ou de reconnaissance.

Dans une de ces bonnes actions que couronne chaque année l'Académie française, nous trouvons une nouvelle preuve de la spécialité de l'amour filial. De pauvres gens de basse condition recueillent un petit enfant, l'élèvent du mieux qu'ils peuvent, en lui laissant croire qu'il est leur fils. Ils renvoient à une école gratuite de musique, pour qu'il donne un jour des leçons de cet art. L'enfant devenu jeune homme se trouve en état d'exercer une profession honorable. Il est sur le point de se marier ; ses parents adoptifs sont obligés à ce moment de lui révéler le secret de sa naissance, Qu'a-t-il à perdre? Rien, sous le rapport de la fortune, rien non plus sous le rapport de l'amour-propre : la basse condition de ses père et mère ne le relevait aux yeux de personne. Tous les sentiments dont on fait dériver l'amour filial lui resteront : n'aura-t-il pas avec eux la môme habitude? ne leur devra-t-il pas la même estime et plus

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