MODE DE TOUTES LES AFFECTIONS
seulement les mouvements de défense, comme à retirer la tête en arrière, à porter en avant les poings fermés, à écarter les pieds pour offrir au corps un plus large soutien, mais à user des armes offensives que la nature nous a données, et à rejeter le mal sur son auteur. C’est le même ressentiment qui porte le taureau et le bélier à employer leurs cornes, le cheval ses pieds, le chien ses dents, le lion sa griffe, le sanglier ses défenses, l'abeille et la guêpe leur aiguillon. « Quelques animaux peuvent » être provoqués à une colère furieuse et la conserver » longtemps ; plusieurs montrent , dans la défense de )> leurs petits, une animosité violente dont ils donnent à » peine un signe quand il ne s’agit que de leur propre » salut (1). )>
Ce ressentiment nous fait donc surmonter momentanément les appréhensions instinctives dont nous parlerons plus loin, et même les appréhensions réfléchies, et il nous donne alors un courage physique qu’il ne faut pas confondre avec le courage moral. Ce dernier est la lutte de la volonté disciplinée par la raison ; il n’a rien de commun avec l’ardeur dans le combat matériel. Le
courage physique se renferme tout entier dans le combat physique : il est momentané ou habituel : dans le premier cas, il résulte du ressentiment animal ou de la colère; dans le second, il provient du plaisir d’exercer notre puissance matérielle , plaisir dont nous parlerons plus loin, et il suppose un sentiment peu profond des appréhensions naturelles.
Le docteur Gall avait posé, comme Pieid , un senti -
(1) Rcid,t. 6, p. 11 et 85.