SENTIMENT DE LA SANTÉ ET DE LA MALADIE
§ i. Sentiment de la santé et de la maladie. — Indécision des phrénologistes sur l'organe de ce sentiment.
Lorsque les fonctions physiologiques ou corporelles dont nous n'avons pas ordinairement conscience s’accomplissent régulièrement, il en résulte un bien-être qui n'est clairement senti que par son opposition avec la peine opposée ou la maladie. Ainsi, Socrate ne goûte le plaisir de la libre circulation du sang dans les veines qu’au moment où ses membres sont délivrés des fers qui les chargeaient (1). Ce plaisir est tantôt général, tantôt local, suivant que la gêne ou la maladie avait étendu ou resserré son siège.
Quel est , suivant les phrénologistes , le siège de la douleur physique et du sentiment de bien-être que produit la santé ? Gall incline à croire qu’il existe dans les nerfs (2). Spurzheim a un peu varié sur ce sujet : tantôt il attribue le plaisir et la peine aux nerfs des sens et particulièrement du toucher (3) , tantôt il rapporte la connaissance des sensations organiques et par conséquent de la douleur et de la santé, à cette partie du cerveau, qu’il charge de connaître les faits internes et qu’il appelle éventualité (4); mais il n’appuie cette opinion d’aucune preuve organologique : car en supposant que les expériences de Haller et de Sœmmering ne soient pas contre-
(1) Voyez le présent ouvrage, même chap., S 1.
(3) Obs,} p, 245.
(4) Ibid., p. 295.