‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 116 sur 181 · DE LA. C0NSTRUCT1VITE · texte numérisé non relu

DE LA. C0NSTRUCT1VITE

Comment Spurzlieim n’a-t-il pas reconnu le double emploi qu'il commettait, lorsqu'après avoir établi un organe de la faculté motrice auquel il attribuait la jusle appréciation de la résistance extérieure, et par conséquent de l’effort qu’on déploie contre elle (1) , après avoir dit, dans ses cours, que. les ouvriers dont les mouvements ont trop de brusquerie ou de mollesse sont mal partagés du côté de l’organe de la force motrice , il rapportait ensuite à un instinct de construction l’habileté de la main?

Gaü avait attribué à l’instinct de construction X invention des outils (2); et Spurzlieim avait d’abord suivi son exemple (3). Mais substituer un marteau au coup de la main , un levier à l’effort du bras, une balance à la pesée naturelle, l’imprimerie à l’écriture, la vapeur à l’action

de l’eau ou du cheval , c'est faire un heureux usage de

la faculté d'induction , et cette opération peut n’avoir rien de commun avec la dextérité des membres. Aussi Spurzlieim , dans son dernier ouvrage , a-t-il cessé d’at-

tribuer X invention des machines à la faculté de construction pour ne lui rapporter que le bon usage des outils [k). Mais, nous le répétons, il n'a fait qu'empiéter ainsi sur les attributions de la faculté motrice.

Que reste-t-il donc pour l’instinct de construction ? Si, comme nous avons essayé de le montrer, les animaux constructeurs préconçoivent la forme des ouvrages qu’ils exécutent (5), f instinct constructeur n’est que le déploie-

(1) Manuel , p. 5G.

(*2) Anat t. 4, p. 150.

(3) Obs p. 172.

( i) Manuel, p. 39.

(5) Voy. 3e partie, eh 111-3 2

i)00 CH1TIOUK DE LA CON3TRÜCTIVITÉ.

ment delà force motrice sons la direction de l'imagination linéaire. Les phrénologistes ont placé la force motrice, en dehors de l’organe de la cou sir nativité (1) ; s'ils veulent faire jouer à cet organe quelque rôle dans la construction instinctive, ils n'ont d’autre ressource que de le consacrer à rimaginàtion linéaire.

Si au contraire l’animal construit par une impulsion aveugle, sans préconcevoir. aucun plan, sans savoir ce qu’il fiait, la construction sera un acte particulier de la force motrice, mais comment cet acte pourra-t-il dépendre d'une autre circonvolution que la force motrice elle-même ? i

La construction chez les animaux est donc un déploie ment de la force motrice , soit aveugle, soit guidé par la préconception d’un plan; dansd’un et dans l’autre cas, il s'y ajoute un instinct d'appropriation qui les fait s'emparer d'abord de certains matériaux, différents suivant les espèces, et défendre ensuite leurs constructions contre les aggressions étrangères. L’abeille ne fait pas une alvéole comme l'architecte une ogive , dans Tunique but de la réalisation du beau ; l'œuvre de l’animal est le résultat d’une productivité égoïste.

Existe-t-ii chez l'homme une productivité du même genre? le sauvage construit-il sa hutte, comme T animal, en vertu de quelque principe de son organisation, avant que le froid, le chaud, les pluies, les orages, les attaques des bêtes féroces et de l’ennemi lui aient enseigné futilité d’un rempart et d’un abri. Il est probable que la nature n’a pas laissé l'homme au dépourvu sur ce point, et qu elle n’a pas remis aux tâtonnements et aux

(i) Spurzfceiiii. Manuel, p. ftfi

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