‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 118 sur 181 · DES HABITUDES · texte numérisé non relu

DES HABITUDES

place, à la même table, dans la même salle; il réclame le même angle du foyer ; il veut sortir et rentrer à la même heure, ne rien changer au coucher et au lever , conserver les mêmes meubles , et il frémit à Ja seule idée d’un changement d’habitation. L’âge mûr incline, suivant les individus, tantôt vers la nouveauté, tantôt vers l’habitude. L’homme chez lequel s’établit un juste équilibre entre ces deux tendances remplit la double et rare condition de la stabilité et du progrès. Nous en dirons autant d’un peuple : lorsque son caractère se trouve à peu près également composé du goût de la nouveauté et de l'amour de l’habitude, il est préservé d’un fol enthousiasme des innovations, comme aussi d’une obstination aveugle pour les pratiques du passé.

L’amour de l’habitude a été entièrement omis par Gall. Son continuateur se contente de le faire rentrer dans la disposition générale à s'attacher (1) ; mais il e.st impossible de faire dériver l’affection d’habitude de la même source que l’amour des personnes : l’homme le plus complètement égoïste, le plus détaché de tout lien de famille, de toute affection du cœur n’en est souvent que plus esclave de ses habitudes. II voudra que dans sa maison, vide de parents et d’amis , et qu’il ne sent pas le besoin de remplir , chaque objet matériel n’en soit pas moins à sa place accoutumée et que toute chose se fasse à la même heure et de la même manière.

J’ai entendu quelques phréndlogistes rattacher l’amour des habitudes à Y instinct d’habitation. Serait-ce l'analogie des mots qui les aurait trompés. La première fois que l’animal choisit son gîte, c’est par un goût spécial et

(1) Ohs., p. 152.

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