‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 119 sur 181 · APPREHENSIONS · texte numérisé non relu

APPREHENSIONS

soi

non par habitude. Linslinct qui i y fait rester la première heure l’y retient ensuite; iî est inutile d’en invoquer un second. Le pouvoir de l'habitude vient fortifier, mais ne fait pas naître le choix de l’habitation. Le prétendu organe de Ïhabitatwitè serait-il donc exclusivement l’organe de l’amôur des habitudes, puisque certains phrénoîogistes lui donnent cette attribution , qui! ne peut la cumuler avec le choix du gîte, et que ce choix se compose de linslinct d’appropriation et d’un certain goût intellectuel qui ne saurait être mieux placé que dans l'organe de la localité (1). C'est une question que nous abandonnons aux organologistes.

§ 14, Appréhensions instinctives.

Avant de passer à un groupe d'affections égoïstes qui ne se rapportent plus à des objets physiques , nous en décrirons quelques-unes qui sont destinées sans doute à protéger tous nos intérêts , mais qui préservent surtout nos intérêts matériels; je veux parler de certaines appréhensions instinctives et du penchant à la ruse.

Thomas Reid a mis en évidence les déplaisirs qui nous sont causés par certains objets physiques comme un bruit violent et soudain , irn coup de tonnerre , la profondeur d’un précipice, la perte de l’équilibre, une vaste solitude, une nuit épaisse, une apparition inconnue, un animal hideux, le ton de la colère, un geste menaçant , etc. (1).

(î) Voy. le présent ouvrage, S3 part., eh. lï, S C et Ie part., chap. I, S 11.

INSTINCTIVES

Ces objets nous causent une commotion subite qui a produit en français le mol expressif de peur. L’eiTet naturel de celle sensation désagréable est d’agir sur notre induction, de nous suggérer Tldée d un danger , d’où vient le nom qu’on lui a donné d’appréhension ou d’effroi instinctif.

Personne ne conteste le saisissement que produit en nous une explosion soudaine et l’appréhension momentanée qui en résulte, le vertige qui nous saisit au bord des précipices, sur ie sommet des hautes tours ou quand nous perdons l’équilibre. On a prétendu que la peur des

enfants pour les ténèbres leur vient des contes de

nourrices qui font de la nuit l’époque des apparitions et des fantômes. On aurait dû se demander pourquoi ces contes placent les fantômes dans la nuit. Nous • empruntons les expressions.- de M. Cousin : « Locke

)> recommande sans cesse et bien justement de rom-

)) pre dans Lesprit des enfants la liaison habituelle )> des fantômes et de l’obscurité. Une analyse plus sa- » vante aurait recherché sur quoi repose cette associa- )> lion d’idées entre des êtres mystérieux et la nuit, les » ténèbres, l’obscurité. On n’a jamais uni dans l’esprit » ou dans l’imagination l’idée de fantômes ou de spec- » très à Fidée du soleil et de la lumière éclatante (2). »

Si d’ailleurs on prend soin d’observer les enfants , on les verra témoigner leur crainte dans les ténèbres et dans la solitude avant l’âge où ils sont capables de comprendre les réqits qu’on accuse de troubler leur imagination.

(1) Reid, t. G, p. 10.

(2) Histoire de in philosophie <h 18* siècle, 1829, t. Il, p, §93.

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