‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 127 sur 181 · INSTINCTIVE DE LA MORT · texte numérisé non relu

INSTINCTIVE DE LA MORT

il ne reste jamais longtemps près d une tombe , à moins quelle ne soit celle de ses enfants.

Il nous semble donc qu’on ne peut refuser à l’appréhension de la mort le caractère d’un instinct naturel , irréfléchi , puis qu’il l’emporte même sur la puissance de la réflexion.

Gall n’a pas aperçu ce principe de l’organisation humaine. Spurzheim selon quelques-uns de ses confidents, croyait à l’existence d’un amour naturel de la vie , mais la fâcheuse méthode qu'il avait prise de ne traiter d’un principe psychologique qu’au moment où il pensait en avoir découvert l'organe , l’empêcha de parler de cette affection dans ses cours et dans ses livres.

Nous l'avons dit tout à l'heure , M. Vimont reconnaît un organe de l’amour de la vie (1) que M. Broussais propose de nommer bioplnlie (2) ; mais le premier de ces deux phrénologistes n’a pas convenablement fait res-

sortir la spécialité de ce principe , puisqu'à ses yeux c’est une seule et même chose que d’avoir le vertige sur le sommet d'un édifice, même entouré de parapets, et de répugner à ridée de la mort (3).

M. \ imont commet une nouvelle erreur lorsqu’il avance que les sels qui ont réveillé les sens d'une personne évanouie ont agi sur l’organe de l’amour de la vie (4). Rendre la vie à une personne n’est pas lui en rendre l’amour. L’auteur confond ici Tordre physique

(2) Cours de phrén p. 234.

(3) T. 2, p. 551 et 552.

(h) Ibid., p. 107.

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et l’ordre moral. Ce ne peut être non plus en vertu du sentiment de la conservation , « que l’oiseau rejette les )> plantes qui lui sont nuisibles, et dont l'odeur lui dé- )) plaît (1) ; )> il lui suffît pour cela de l’odorat et de l’organe de l’alimentation. L’oiseau, en repoussant instinctivement une nourriture qui lui serait nuisible , ne sait pas qu’il vient de conserver ses jours , et n'a pas été conduit par l’amour de sa conservation. L’amour spécial de la vie ou l’appréhension instinctive de la mort demande l'intelligence nette de la vie et de la mort , et nous pouvons affirmer, sans faire une hypothèse trop audacieuse, que les animaux n'ont point cette idée.

Nous concluons donc que l’appréhension de la mort est un de ces effrois instinctifs que la phrénologie a mal distingués de la circonspection inductive ; que ces effrois à priori forment un genre dont la peur de la mort est une espèce, et que celle-ci ne doit pas donner son nom à la classe tout entière.

$ 18. Instinct de ruse.

Lorsque les objets de nos affections, soit égoïstes, soit désintéressées , sont menacés par des attaques extérieures, le ressentiment instinctif nous dispose au combat (2). Mais la nature craignant que ces objets ne fussent pas suffisamment protégés parce moyen , y a pourvu encore d’une autre manière, surtout chez les espèces dont la con-

(2) Yoy. meme chap.,- £ 3.

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