‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 130 sur 181 · INSTINCT DE RUSE · texte numérisé non relu

INSTINCT DE RUSE

Cet autre ne souille mot : il ne manifeste pas sa pensée,

C’est de la tête aux pieds un homme tout mystère

Sans cesse il a tout bas , pour rompre l’entretien,

Un secret à vous dire , et ce secret n’est rien ;

Et jusques au bonjour il dit tout à l’oreille (1).

Il marche la tête baissée , son geste est rare et court ; sa voix s’entend à peine, il ne se montre pas, il regarde ; il n’a pas non plus la raison de sa prudence, il est fait ainsi et il réussit comme le premier.

L'antiquité nous présente l’opposition d’Alcibiade et de Thémistocle ; le dernier se contentait de ne pas laisser pénétrer ses desseins; le premier aimait à se donner pour tout autre qu’il n’était et à se présenter sous mille formes diverses. Le contraste de Fabius et d’Annibal n’est pas seulement le résultat des circonstances; il dérive du caractère naturel des deux adversaires. Fabius était plus impénétrable , Annibaî plus insidieux.

Les enfants, avant l'âge du raisonnement et du calcul, montrent quelquefois une disposition naturelle , les uns pour la dissimulation, les autres pour la ruse active. Madame Neckcr de Saussure, dans un livre rempli d’observations très-instructives sur l’enfance , nous raconte le trait suivant : « Un enfant de 18 mois convoitant depuis )> longtemps un petit panier , parvient à s’en emparer , )> le cache avec grand soin , et revient tout doucement » s établir auprès de sa mère. » Jusqu’ici c’est la ruse de dissimulation , mais voici celle de simulation qui com-

(() Le Misanthrope, acte II.

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