DE LA SÉCRÉTIVITÉ
compte des simulations et des dissimulations qu'ils emploient , ou chez les animaux à qui la nature inspire de faire du bruit ou de se cacher avant qu'ils aient pu prévoir le profit qu’ils retireront de ce manège ; il est donc nécessaire de réformer sur ce point F analyse et îa terminologie de Spurzheim.
Mais#nous avons à lui reprocher une faute plus grave qui retombe en partie sur sou prédécesseur , c'est îa confusion de la faculté de circonspection , non-seulement avec l'induction , comme nous l’avons vu tout à l’heure , mais encore avec la faculté qu’ils appellent , l’un penchant a la ruse , l’autre sècrètwitè .
« La circonspection , dit Spurzheim , contribue à la )> conservation ; elfe fait prendre les précautions , fait >' placer les sentinelles , retient l’activité des penchants » et semble toujours dire : Prenez garde (1). » .
« La secrètivitè , dit le même , est un instinct dont les » animaux ont besoin pour se cacher , et pour s’y prendre )) de maniéré a notre pas aperçus. Un chat fait semblant » de dormir ? il guette îa souris sans faire aucun mouve- » ment ; le chien pour s’assurer un os le cache dans la » terre (2). »
Je crois que Fœil le plus pénétrant n’apercevrait pas ici de limite et ne pourrait découvrir pourquoi la force qui retient l’activité des penchants est plutôt la circonspection que la secrétwitë ■ et pourquoi le manège du chat qui s’abstient de tout mouvement est dû plutôt à la secrétivitè qu’à la circonspection.
M. Yimoni a encore augmenté îa confusion en inter-
(1) Manuel , p. 63.
(2) Manuel , p. 30.
°“+ CUTfQUE UK LA SÉCBÉTIV1TÉ.
calant entre la circonspection et ia ruse une troisième faculté qu il appelle sentiment cle la conservation , et à laquelle il attribue des effets semblables à ceux des deux premières. Ainsi il dit d une part :
« L oiseau qui ne s’approche qü’obliquement de fap- » pat qu'on lui jette , n’ obéit pas à 1a ruse , mais à la cir- » conspectian , il ne cherche pas à tromper , il est seu - » lement sur ses gardes ( 1). »
Et ailleurs il ajoute : « La ruse qui nous porte à )> deviner les projets des autres , contribue à rendre » très-défiants ceux qui la possèdent dans un haut )> degré (2). »
Et ailleurs encore : « L'impulsion instinctive qui » porte les animaux à fuir ou à se tenir sur leurs gardes » est f instinct de la conservation (3). »
Dira-t-on encore que l’organologie fixera la psychologie lorsque l’analyse des faits psychologiques n’est pas mieux faite et qu’on attribue un meme résultat à trois organes différents ? Que devient la prétendue démonstration de la faculté par 1 organe ? que devient 1 espoir meme de démontrer l’organe par la faculté? psychologie et organologie , tout est enseveli dans un môme tombeau.
Il faut donc reconnaître comme facultés préservatrices : 1° Des appréhensions instinctives , à priori , devançant l’expérience et distinctes de l’appréhension raisonnée qui est le résultat de l’induction , et qui mérite seule le nom de circonspection ; 2° un instinct de ruse
(3) Ibid., p. 100.