CONFIANCE EN SOI-MÊME
dont les deux modes quelquefois séparés et le plus souvent réunis , sont la dissimulation et la simulation.
S 20. Confiance en soi-même.
Nous arrivons à un groupe d’affections comprises dans la langue vulgaire sous le nom d’amour-propre , mais qui n’en sont pas moins distinctes les unes des autres. L'acception la plus commune du terme amour-propre , signifie la disposition d’un homme qui a pris de lui-méme une plus haute opinion que son mérite ne le permet. Mais on dit encore qu un homme a de l’amour-propre lorsqu’il redoute de se voir surpasser par d’autres , ou qu’il recherche la louange , ou qu’il est jaloux de son indépendance et ne souffre pas qu’on lui fasse la loi , ou quenfin il veut commander. Il y a pourtant ici des tendances fort diverses et qui sont souvent séparées.
Reid avait dit : « Il est une confiance qui vient de ce )> qu’on s’attribue des talents ou des vertus qu’on n’a » pas , ou qu’on attache une trop grande valeur à quel- » que avantage de l’esprit, du corps ou de la fortune » qu’on possède. Cette confiance est l’orgueil proprement )) dit , qui est la source d’une foule de vices odieux , tels )> que l'arrogance , l'injuste mépris des autres , la pré- )) somption et l’amour-propre (1). »
« L’opinion que les hommes prennent d’eux -mêmes , » -dit Spurzheim , ne dépend pas des circonstances exté-
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)> rieures ni de l’expérience qu ils ont pu faire de leurs » talents (1). »
Gall cite l’exemple d’un mendiant qui s’était laissé
tomber dans la misère parce qu’il avait regardé le tra-
vail comme indigne de lui. Il fait remarquer que ce sentiment est plus généralement répandu chez les hommes que chez les femmes , et chez certaines nations que chez d’autres. Il ajoute que cette affection contenue dans de justes limites , constitue la noble fierté , la dignité humaine , mais qu il peut dégénérer en orgueil , suffisance, dédain, présomption , insolence (2).
La psychologie et la phrénologie sont donc d’accord sur ce sujet.
§ 21. Amour de l’égalité et de la supériorité.
Quelle que soit l’opinion que nous ayons conçue de nous-même , chacun éprouve un déplaisir très-vif de se sentir inférieur à ses semblables. Il goûte au contraire une douce émotion à se savoir égal aux autres et il ne sera même pas fâché de leur être supérieur , non pas en apparence , mais en réalité. L’homme modeste qui se défie de lui-même et qui se juge inférieur à tout autre, n’en est pas moins affligé de cette infériorité qu’il s’attribue. Il se réjouirait donc d’être égal au plus grand nombre en facultés intellectuelles ? en force physique et même en beauté , et si Dieu lui offrait de faire de lui le plus Intel—
(1) Obs ., p. IG ct'18i.