DE L APPROBATION
nous-mêmes ; c est une des faces de la vanité. Quelquefois même nous nous contentons qu’on nous suppose tous ces mérites , et c’est la pire de toutes les vanités. Le plaisir que nous causent festime et léloge est démontré plus clairement encore par le vif chagrin que nous font ressentir le mépris et le blâme. On a vu des hommes se donner la mort pour une marque de désapprobation.
L’enfance est très-avide de louanges, sans qu clic sache le parti qu'elle pourra tirer plus tard de Festime , et elle pleure d’une réprimande qui n’est suivie d’aucune autre peine. INous désirons donc l’approbation, abstraction faite des avantages matériels qu elle peut produire , et nous redoutons le déshonneur sans penser aux privations physiques qu’il pourra nous imposer.
G ail et Spurzheim nous semblent avoir bien caractérisé cette affection : nous n’avons à relever que quelques vices d’expressions causés probablement par le peu d habitude de la langue française. C’est à l’amour de la louange que Spurzheim applique les mots d’ambition et d’émulation (1), quoique le premier terme soit plus ordinairement consacré à l’amour du pouvoir, et le second à l’amour de la supériorité réelle. C’est aussi en vertu de l’amour de l’approbation que, suivant Spurzheim, quelques animaux , tels que le cheval , le chien , le chat , se plaisent aux caresses de leur maître. Mais nous ne pouvons guère savoir si ces caresses sont pour le chçval et le chien des signes d’approbation ou des signes d’affections, et s’ils sont üattés dans leur désir d’estime ou dans leur attachement pour leur maître. Quant au chat, ani-
(1) Obs.y p. 187.