‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 14 sur 181 · L)K LA PSYCH0L0G1K · texte numérisé non relu

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» soit réfléchis : considérons- le donc à part, comme un » principe sur lequel nous pouvons fonder nos raison- » nements ultérieurs (1). Or cette phrase n’est que le ré- ' sumé de la théorie célèbre du psychologiste Thomas Reid, sur la perception extérieure, théorie où l’on trouve en propres termes : a La perception contient une con- » viction irrésistible de l’existence actuelle de son objet’;

)> cette conviction est immédiate et non l’effet du raisonnement (2). »

« Comme on a constaté , poursuit M. le docteur » Broussais , que c’est par l’odorat dont lès ouvertures » avoisinent la bouche , qu’arrive au cerveau de l’animal » la perception des différents aliments on a été porté à )> conclure que dans cette perception est comprise la » faculté de distinguer ce qui convient et ce qui doit » être rejeté. Cela est au-dessus de tous les raison ne- » ments a priori des psychologistes , qui ne devineraient )> jamais ce phénomène en observant le jeu intrinsè- » que de leur moi (3). » Et l’on trouve textuellement, dans Thomas Reid : « L’organe du goût garde l’en- » trée du canal alimentaire , comme l’organe de l’o- )> dorât garde l’entrée du canal de la respiration. La )> position de ces deux sens fait que tout ce qui passe » dans l’estomac subit un examen scrupuleux de leur » part , et il est évident que la nature , en leur donnant » ce poste , les chargea de distinguer les aliments sains » d'avec les aliments vicieux. Les brutes n’ont pas d’autre )> guide dans le choix de leur nourriture ; et si l’homme

(1) Cours de phrén p. 40.

(2) 3e vol., p. 125, et le 2e tout entier.

(3) Cours de phrén,, p. 228,

INDÉPENDANCE

» était dans l’état sauvage , il n’en connaîtrait pas » d’autre (1). »

Dugald Stewart a mis beaucoup de soin et de talent à faire reconnaître dans notre organisation un sentiment naturel du ridicule qui fournit les épigrammes , les bons mots , les satires : « Le ridicule a pour objet propre et » naturel , ces légères bizarreries dans le caractère et les

» mœurs qui ne soulèvent pas l’indignation morale

» Le sentiment du ridicule est un des caractères les plus » remarquables de la constitution humaine , et l’un de )) ceux qui la distinguent de celle des brutes (2). » L’écrivain phrénologiste s’écrie cependant, à propos de la causticité : « Jamais les psychologistes n’auraient songé à » établir une semblable faculté ; c était une qualité ou » un travers de l’esprit , mais à quoi tient ce travers nous » l'ont-iJs appris (3) ? » •

A propos des signes extérieurs par lesquels se manifestent nos sentiments et nos pensées , le même auteur ajoute :* « Tous ces faits doivent encore être rangés » au nombre de ceux que messieurs les psychologistes )> n’auraient jamais devinés (4). » Et cependant, Reid a consacré plus de vingt pages à la description de la faculté

du langage naturel « qui, dit -il, appartient aux

» brutes elles-mêmes, et qui contient pour éléments :

)> 1° Les modulations de la voix ; 2° les gestes ; 3° les » traits du visage ou la physionomie (5). »

(1) 2e vol, p. 79.

(2) Esquisses , p. 113-4, et Facultés actives, 1er vol., p. 329.

(3) Cours de phrén., p. 448.

(4) Ibid., p. 762.

(5) 2° vol-, p. 89-93-34*2; 5e vol., p. 118-123, 6e vol.; p. 27.

DE LA PSYCHOLOGIE

On connaît maintenant en France les nombreuses et importantes discussions d’Hutcheson , de Richard Price, de Reid et de Dug. Stewart, pour distinguer le sens moral d’avec tout autre principe d’action , et notamment d'avec le sentiment de la bienveillance , et d’avec le soin de notre intérêt bien entendu (1). le docteur Broussais, en traitant de la bienveillance et de la conscience, conclut cependant en ces termes :• « On peut être très- » bienveillant et n etre pas juste, ce qu’assurément les » honnêtes gens qui étudient a priori e t sur eux-mêmes » les facultés intellectuelles de leur espèce, n’auraient pas» » pu deviner (2).... On a dit, dans le xvme siècle, que le » sentiment du juste était de l’égoisme bien entendu. » Il n’y avait que la phrénologie qui pût dissiper cette )> erreur, en signalant pour les sentiments de justice et de )> bienveillance , des organes différents de celui qui est )> l’origine de la satisfaction de soi-même (3). »

La distinction entre la justice, d’une part, et de l’autre, la bienveillance et l’intérêt bien entendu ; avait donc été établie par la psychologie avant de l’être par la phrénologie , et ceux qui n’auraient pas compris la distinction psychologique n’auraient pas été convaincus par la prétendue démonstration organique. Gall, sans tenir compte de l’organe attribué par Spurzheim, à la justice, a continué de confondre la justice et la bienveillance (fc). Aussi , M. le docteur Broussais, entraîné par la force

(1) Hutcheson , Recherches sur l’origine de nos idées de la beauté et de la vertu ; Système de philosophie morale. Price, Revue des principales questions morales etc. Reid, 6e vol., de la p. 136 à la page 393. Stewart, Esquisses , p. 173 à 198, Facultés actives , t. 1,1. 2.

(2) Cours de phrén p. 324.

(3) Ibid., p. 370.

F*) 4e vol., p. 193 et suiv.

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