‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 147 sur 181 · DE FAMILLE · texte numérisé non relu

DE FAMILLE

de reconnaissance encore? Le secret se révôie : le jeune lioinme est frappé de ce coup subit, et la violence de son chagrin lui cause une maladie qui ne se dissipe qu’au bout de trois mois. Il n’aime pas moins ses parents adoptifs, mais il les aime d’une autre manière : il y a dans son cœur une surabondance d affection qui n a plus où se déverser.

Nous ne prétendons pas toutefois que Faffection filiale soit aussi vive que l’affection des parents, et qu’elle ne puisse être affaiblie par l’absence , par les torts des père et mère ou par l’influence de quelque autre passion ; mais nous disons quïl reste toujours en nous une émotion particulière à cette idée : c’est mon père, c’est ma mère. On a prétendu que d’Aiembert, qui avait été exposé dans son enfance, se voyant réclamé plus tard par sa mère, lui avait dit : ((Retirez-vous, madame ; ma mère, c’est la pauvre femme qui m’a ramassé sous le parvis. » Cette anecdote est con trouvée (i). Mais si le mot n’est pas vrai, il est vraisemblable, car d’Aiembert aurait pu le prononcer sous l’influence du jugement moral , au souvenir du devoir que sa mère aurait violé envers lui. Toutefois, le premier moment d’indignation passé, d'Alembcrt n’aurait pu regarder cette femme du même œil que toutes les autres, et il se serait dit quelquefois : après tout, cest ma mère.

Il n’est pas nécessaire de connaître la nature du lien charnel qui nous unit à nos parents pour les aimer. Au contraire, l’ignorance, à ce sujet, laisse dans l’affection de l’enfant quelque chose de plus naïf et de plus spou-

(1) Lacroii et Auger, Biographie universelle. Art. d’Aiembert et Mme de TeiiCin.

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