PLAISIRS DE LA VUE, DE L’OUIE, ETC
nablemcnt distingué la vénération clairvoyante et à posteriori qui nous saisit à l’aspect du bien et du beau, et qui n’est que le plaisir du développement de la faculté morale et des autres facultés intellectuelles , d’ftvec la vénération aveugle et à priori qui nous frappe en certaines circonstances, et nous fait supposer, non-seulement le bien et le beau là où nous n’avons pu voir encore ni l’un ni l’autre, mais encore tous les genres de mérite et de perfection.
S 11. Plaisirs de la Tue, de l’ouïe et de la faculté interprétative.
Nous abordons maintenant un groupe d’aflections auxquelles on donne d’ordinaire le nom de plaisirs de l’esprit.
Il n’y a que trois de nos sens qui nous fournissent des plaisirs vraiment corporels, ce sont l’odorat , le goût et le toucher. Ce dernier, à l’aide de la mémoire , permet à l’aveugle d’apprécier des formes régulières , et ce plaisir ne se localise plus dans l’organe ; c’est déjà un plaisir de l’esprit.
Mais la vue et l’ouïe ont le privilège de nous mettre plus complètement en rapport avec la beauté physique. La vue nous fait presque instantanément embrasser des formes étendues et compliquées , elle nous les fait voir en mouvement et elle y joint le charme de la couleur. Non- seulement nous admirons les larges développements des plaines et des montagnes , l’immensité des deux et des mers , les vastes proportions d’une pyramide ou d une cathédrale , mais nous aimons à suivre