DE LÀ. FACULTÉ DE L'ORDRE
sens de la symétrie (1). « L’ordre , dit son collabora- » leur et son disciple , peut s’appliquer aux dimensions, » aux (ormes, aux couleurs, aux tons (2). » La faculté de l'ordre ne peut pas être une faculté perceptive, car elle ferait double emploi avec les facultés perceptives ou mémoratives de l’étendue , de la configuration , du coloris , des tons et de la durée qui suffisent pour nous faire connaître la ressemblance ou la différence , l’harmonie ou la désharmonie de leurs objets. La faculté de l’ordre ne peut donc être qu’un goût , qu’une affection , et , comme la définit M. Combe , « la faculté d’être » satisfait de l’ordre et affligé du désordre (3). » Ainsi l’aliéné, qui voit apparaître des formes confuses, doit souffrir quelque altération dans les organes des perceptions et des représentations relatives aux formes, et non pas dans 1 organe de l'ordre , comme le dit M. Vimont (4). L’altération de ce dernier organe ne ferait que troubler le goût, et non la perception de la symétrie.
L’ordre appliqué aux dimensions constitue les grandeurs égales ou proportionnellement décroissantes; appliqué aux formes , les figures régulières et parallèles ; aux couleurs, la pureté et la dégradation successive des nuances; aux tons, le rliythme et le retour symétrique des modulations. Or, c’est là justement, avec l’expression , ce qui nous charme dans les objets physiques. Personne ne se plaît aux grandeurs inégales , aux formes irrégulières , aux couleurs mêlées ou sales , aux tons non
(J) Anat., (.4, p 01.
(2) obs p. 29 i ; Manuel, p. 58.
(3) Nouv. manuel, p. 186.
(4) Traité de phrén , t. 2, p. 434.
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mesurés , aux mélodies non symétriques. Nous pouvons donc conclure , d'après l'aveu des phrénologistes , que les affections excitées par les objets physiques se rattachent à un autre organe que les perceptions et mémoires relatives aux mêmes objets.
Mais , n’y a-t-il pas lieu de faire des divisions dans cet organe de l’amour de Tordre ? Celui qui se plaît à la régularité des formes , comme l'architecte et le peintre , est-il touché au même degré de la régularité des couleurs et des tons ? Ne faut il pas , au moins , distinguer soigneusement Tordre physique d’ayec Tordre intellectuel , et d’avec Tordre dans les mœurs. Le dernier appartient à la faculté morale; le second est une appropriation des moyens à la fin , comme par exemple , un plan de composition littéraire ou scientifique : il appartient à Tinduction. Un homme peut être fort régulier dans sa conduite morale et laisser beaucoup de désordre dans ses compositions, et dans les objets matériels dont il dispose. L’un rangera sa bibliothèque par ordre de formats , l’autre par ordre de matières : le premier préférera la régularité physique ; le second , l’analogie intellectuelle. Spurzheim , dans l’histoire curieuse de John Mitchel , jeune sourd-muet presque aveugle, nous fournit des exemples d’un amour de Tordre physique : « John )> Mitchel , dit-il , donne la préférence aux personnes » bien mises; et s’il a des habits neufs , il ne veut plus
» mettre les vieux Il se plaît à recueillir des pierres
» rondes et lisses , à les disposer en cercle , et à se placer » au milieu (1). » Il n’y a pas trace ici d’ordre moral,
(1) Obs.y p. 208.