TROISIÈME CRITIQUE DE U FACULTÉ D’ÉVENTUALITÉ, LTC
)> suite desquels on le place , mais qui , tout seul , ne si- » gnifie rien du tout (1). »
Cette tendance de la nature humaine est un des ressorts de notre perfectionnement. Le déplaisir de la continuation a été noté dans toutes les langues sous le nom d ennui.
5 13. Troisième critique de la faculté d 'éventualité ou du sens des choses.
Gall et Spurzheim ont essayé d’établir, l'un sous le nom de sens des choses , l’autre sous le titre d’ éventualité , une faculté qui prend plaisir à connaître tout ce qui se passe au dedans et au dehors de nous (2). Ils attribuent donc à cette faculté le désir de connaître les faits matériels aussi bien que les faits psychologiques. ^üNous avons déjà remarqué qu elle était trop compliquée, comme faculté de connaissance , et quelle faisait double emploi avec les perceptions de la forme, du mouvement, du coloris, etc. Elle mérite le meme reproche , comme faculté affective : le plaisir de contempler les faits matériels ne va pas toujours de compagnie avec celui de connaître les faits internes . le naturaliste et le psychologiste ont des aptitudes intellectuelles et affectives souvent fort opposées. Il n’y a donc pas un désir de savoir applicable à tous les objets ; des affections spéciales sont attachées à l’exercice de chaque faculté intellectuelle : nous avons mentionné les plaisirs qui se
(1) Reid, t. 5, p. 264.
(2) Gall, Jnat.y t. 4, p. 17. Spurzheim, Obs., p. 295.
PLAISIR L>E L’IMAGINATION ET DE LIMITATION VOLONTAIRE. oÿl
lient à 1 exercice des sens et de la faculté interprétative, et à la connaissance de nous-mêmes. Il nous reste à passer çn revue ceux qui accompagnent le développement de l'imagination , de l'induction , de la faculté morale et de la conception de l’infini.
§ 16. Plaisirs de l’imagination.
L'homme n’est pas doué seulement d'un pouvoir de perception , mais encore d’une faculté d imagination à legard des formes , des couleurs et des sons. L'imagination linéaire , coloriste et musicale est accompagnée d'un vif plaisir, qui, dans l’artiste, s'élève jusqu’à l’enthousiasme. Cette imagination et la jouissance qui l’accompagne agissent aussi sur la force motrice. Celui qui invente des figures , des couleurs et des mélodies éprouve le besoin de les traduire au dehors. La force motrice, agissant sous l’influence de la perception et de l’imagination , explique sutfisamment l’instinct du dessin , de 1 architecture , de la statuaire , de la peinture , du chant et de la danse.
S 17. Plaisir de l’imitation volontaire.
Nous avons souvent signalé l’influence des affections sur la force motrice, ou les mouvements que celle-ci exécute eu harmonie avec les tendances affectives. Les plaisirs de la beauté physique excitent 1 homme à repro-