AMOUR DU MERVEILLEUX
et de causalité mentionnées par Gall et Spurzheim, n étaient autre chose que la faculté d’induction. Les plaisirs qu'ils attachaient probablement à l’exercice de ces diverses facultés, appartiennent donc au déploiement de celle que nous croyons devoir leur substituer.
S 19. Amour du merveilleux.
Si nous aimons à généraliser , à étendre sur l’univers entier une teinte uniforme, il nous plaît aussi quelquefois de rencontrer des phénomènes qui résistent à la généralisation , à l’explication universelle , et qui mettent pour ainsi dire un bâton dans la roue de l’induction. Nous nous plaisons parfois aux prodiges, aux pressentiments , à la divination par les songes , aux prédictions de l’avenir, à l’intervention d’une puissance magique et mystérieuse en dehors de toutes les analogies et de toutes les vraisemblances. Les traditions populaires et les histoires écrites déposent toutes de ce goût pour le miracle , pour ce genre de merveilleux qui n est plus seulement 1 attribution d une âme aux choses inanimées comme dans le fétichisme et 1 anthropomorphisme , une simple extension des lois de la nature , mais un renversement de ces lois. Sur ce point les nations civilisées conservent quelque chose du goût des peuples barbares ; l’astrologie était encore florissante au xvie siècle, et Copernic disait : C onfugiendum est ad astrologiam as tronomiœ altricem .
Au xvuc siècle on prend plaisir â entendre conter les miracles des trembleurs des Céveunes ; la superstition sa-