CRITIQUE DE LA MERY LILLOSITE
tions des visionnaires ; mais 1° ii fallait compter le goût du merveilleux pour un principe de la nature humaine, et ne point parler seulement de la tendance aux visions; 2° beaucoup d aliénés ont des visions sans le moindre penchant pour le merveilleux, et beaucoup d hommes ont du goût pour le surnaturel sans qu il leur soit arrivé
* 3e visions.
De plus , quelles que soient les attributions que Gall accorde à la faculté de la mimique , qu elle renferme à la fois le goût de limitation, le pouvoir d’imiter, et enfin le don de l’expression naturelle , rien dans tout cela n’a la moindre ressemblance avec les hallucinations , ou, comme le dit GalC « avec la tendance à personnifier » de pures idées (1). »
Quant à la poésie que Gall est tenté aussi de regarder comme la mère des visions , elle diffère des religions grossières , en ce qu’elle personnifie des êtres inanimés ou abstraits , par des prosopopées dont le poëte n’est pas dupe , tandis que la superstition est une personnification sincère et de bonne foi. Mais , ni la poésie , ni la superstition ifi entraînent nécessairement les visions. Homère a-t-il irrésistiblement cru voir de ses yeux Jupiter et les autres dieux de l’Olympe ; et toutes les jeunes adoratrices des saints et des anges ont-elles cru entendre , comme Jeanne-d’Arc , les voix de Gabriel et de sainte Catherine? Que le goût de la poésie, et surtout la dévotion , prédisposent aux hallucinations, comme Gall le remarque (2), point de doute ; mais les visions de la folie n’ont pas toujours eu pour cause l’excès de la piété ou
(4) Jnat., (; &, p. 2'ÎO*