‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 166 sur 181 · AFFECTIONS DE L\ CONSCIENCE MORALE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DE L\ CONSCIENCE MORALE

du talent poétique. Gall a senti lui-même la faiblesse de ses hypothèses sur ce sujet , et il a terminé en admettant que les visions ne doivent pas toujours se rapporter à la même source , et que dans beaucoup de cas elles sont le résultat de tel ou tel organe , dont l’impulsion est si violente , qu elle fait croire à la réalité extérieure de l’objet d’une conception (1). Telle est, il nous semble, la véritable théorie des hallucinations : toute passion exagérée peut les produire , en excitant les organes des représentations mentales , c’est-à-dire des diverses espèces de mémoire ou d'imagination (2).

De toutes les confusions et méprises que nous venons de relever, il résulte que Ga!l n'a pas aperçu la tendance de l’homme pour le surnaturel ou le merveilleux.

Spurzheim a mentionné ce principe sous les noms de surnaturalité ou merveillositè (3) ; mais il n’en a pas donné une analyse suffisante. Il n’a pas distingué le merveilleux, qui n’est qu’un fruit de la croyance par analogie , d’avec le surnaturel qui est un démenti de 1 induction. Il a commis aussi la faute d'attribuer exclusivement à ce penchant la prédisposition aux visions (4).

S 21. Affections de la conscience morale.

En traitant de la faculté morale , nous nous sommes attachés à distinguer la notion d’avec l'affection (5) : c’est

(1) Ibid., p. 242.

(2) Voyez le présent ouvrage, 3e partie, ch. Il et III.

(3) Obs., p. 207. Manuel, p. 49.

(4) Obs., p. 208.

(5) Voyez le présent ouvrage, 3« part., chap. ÏV, S 1.

AFFECTIONS

ici le lieu ci exposer les sentiments ou plaisirs et peines excités par l’idée du bien et du mal moral.

Lorsque nous avons accompli une bonne action , nous éprouvons une joie vive et pure , connue sous le nom de satisfaction morale ; si nous avons fait le mal , notre tristesse se nomme , suivant la gravité de Tacte et le degré de notre affliction , repentir ou remords.

Si nous sommes seulement témoins de la bonne action

d’autrui , nous éprouvons un plaisir , et nous aimons

rauteur de cet acte , de même que notre cœur se serre

au spectacle du mal moral , et que nous ressentons de * / la baine pour son auteur.

Le dévouement excite en nous un mélange d’approbation, d’amour et de saisissement craintif qu’on appelle admiration : le crime produit une désapprobation mêlée de baine , de terreur et de désir de vengeance qu’on appelle indignation.

La reconnaissance est un sentiment d’amour déterminé par l’idée d’un bienfait , c’est-à-dire d’un acte qui dépasse le devoir des autres envers nous ; le ressentiment est une affection de haine causée par l’idée d’un acte qui blesse ce devoir.

Un vif plaisir s’attache encore à l’accomplissement du jugement de mérite et de démérite : nous souhaitons de voir triompher l’innocence et la vertu , et succomber le vice et le crime ; c’est sur ce désir que se fonde le poëte dramatique pour inspirer aux spectateurs cette alternative de crainte et d’espérance qui forme la péripétie , et l’un des principaux éléments du plaisir que nous goûtons au théâtre.

Nous avons vu que les phrénoîogistes n’ont pas bien

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