‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 167 sur 181 · DF. IA CONSCIENCE MORALE · texte numérisé non relu

DF. IA CONSCIENCE MORALE

déterminé l'objet de la faculté morale, et qu’ils ont cependant entrevu la distinction qui existe entre l’émotion et l'affection. « La peine et le plaisir quon éprouve, dit Gall , » par suite d’une mauvaise ou d une bonne action, est une )> affection du sens moral , comme une sensation agréable )> ou douloureuse n’est autre chose qu'une affection ou » une modification des organes de la perception (1). » (4 Les plaisirs et peines, dit Spurzheim , sont des modes

» de toutes les facultés Le remords et le repentir sont

)> des affections simples du sentiment de la justice (2). » Mais de meme que la mémoire et l’imagination ne sont pas les modes des facultés perceptives (3) , le plaisir et la peine ne peuvent pas être des modes ou des manières d’agir des facultés intellectuelles. Souffrir n’est pas une manière de percevoir, jouir de la couleur n'est pas une manière de regarder, aimer la musique n’est pas une manière d’entendre : par la même raison , la satisfaction morale ou le remords ne sont pas une manière de connaître le bien et le mal. Connaître est un fait , jouir en est un autre : iis ne sont pas toujours en proportion , et ils demeurent souvent séparés. Il est donc aussi inexact en psychologie de regarder la peine et le plaisir comme un mode de la connaissance , que d'envisager la connaissance comme un mode de la peine et du plaisir. A des faits différents doivent correspondre des facultés différentes. Si le jugement moral peut s'attacher à une circonvolution du cerveau, les peines et plaisirs suscités

(1) Annt t. 4, p. 210.

(2) Obs., p. 327-8.

(3) Voyez le présent ouvrage, 3° parüe, ch. î. $ 0, et ch. iîl, g 4.

PLAISIR DE LA CONCEPTION DE L’iNriNI.

par ce jugement doivent se rapporter à une partie distincte de cet organe.

$ 22. Plaisir de la conception de l’infini.

Au-dessus de la faculté morale nous avons placé, dans l’ordre des facultés intellectuelles , celle qui nous fait concevoir finüni , c’est-à-dire l’espace éternel et sans limites, le temps sans commencement et sans fin , et un être dont la puissance, la sagesse et la bonté égalent l’immensité et l’éternité du temps et de l’espace.

Il a dit au chaos sa parole fécondé,

Et d’un mot de sa voix laissé tomber le monde.

Victor Hugo.

Éternel , infini , tout puissant et tout bon,

Ces vastes attributs n’achèvent pas son nom.

Lamartine.

Ce ne sont pas là , pour nous seulement , des objets de notion intellectuelle, mais des objets d’extase et de ravissement.

Peut-être Gall et Spurzheim ont-ils placé cet enthousiasme dans le sentiment de la vénération ; mais ce sentiment ne peut rendre compte de la conception rationnelle de 1 infini, il la présuppose, et c'est line preuve de plus qu’il fallait constituer à part la faculté intellectuelle qui nous fait concevoir 1 infini.

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