‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 171 sur 181 · THÉORIE PHRÉNOLOG'QCE SUR L ESPRIT DE SAILLIE, ETC · texte numérisé non relu

THÉORIE PHRÉNOLOG'QCE SUR L ESPRIT DE SAILLIE, ETC

subir la condamnation de 1 aéropage et de léguer au monde les premiers germes d une religion dégagée des sens. Le fondateur même du christianisme a été un ohjet de risée. Depuis, on a fait des comédies contre Copernic, des satires contre Galilée ; on a joué sur la scène les plus sérieux des philosophes du xvme siècle , ces préparateurs de la révolution française t< et le premier ministre qui ait essayé de faire passer dans les faits les nouveautés de la théorie, Turgot, malgré l’appui du roi , a succombé sous les épigrammes de la cour.

Une opinion nouvelle ne peut donc s’implanter dans un pays qu après avoir fait longuement et rudement ses preiîves. Elle ne sort de la lutte que tohte meurtrie des coups du sarcasme et delà raillerie. Mais aussi les entreprises fausses et frivoles succombent sous le ridicule, et toute doctrine qui veut remporter la victoire doit posséder un autre mérite que celui de la nouveauté.

Il faut reconnaître déplus que la disposition au rire varie suivant l’âge, le sexe, les individus et même les nations, et que ceux qui sont portés au rire excellent à découvrir et à combiner les éléments du ridicule, et entre autres les associations inusitées, soit dans les choses, soit dans les mots.

s 24. Théorie phrénologique sur Y esprit de saillie , la gaieté , et V esprit de discrimination.

Le docteur Gall a parlé d’un esprit caustique , d’un esprit de saillie ; il a multiplié sur ce sujet les synonymes : persiflage, plaisanterie , épigramme , trait, satire, cen-

sure, sel, et quelquefois naïveté , sans cependant parler du rire. Il a cité comme types de cet esprit Diogène , Cicéron , Horace, Juvénal , Lucien , Cervantes, Rabelais , Piégnier, Marot, Henri IV, Boileau, Racine, Voltaire , Piron, Swift, Sterne, Wieîand , mais sans apporter un seul exemple de trait plaisant ou satirique, et sans indiquer le caractère général qui résulte de tous les synonymes et de tous les noms propres qu’il a énumérés ; de sorte qu’il est impossible de comprendre, après l avoir lu, en quoi consiste ce qu’il appelle Pesprit caustique ou de saillie (1) ; il est donc beaucoup moins instructif sur ce sujet que Cicéron et Dugald-Stewart , et il a laissé dans l’embarras ses ccfhtinuateurs. •

Spurzheim traite, sous le nom de gaieté , d'une tendance à faire rire et à chercher en tout le côté plaisant (2); mais il ne définit nullement en quoi consiste la plaisanterie. (( Ce sentiment, dit-il, produit une manière parti- » culière d’envisager les objets. » Voilà une définition qui ne jette pas beaucoup de lumière et qui dément , comme plusieurs autres, la prétention de la phrénologie à « rectifier tous les systèmes philosophiques, à établir )> une philosophie ou psychologie positive et invariable » dont le langage sera clair et exact ainsi que les )> idées (3). » En effet, dire voilà l’organe qui fait rire, ce n'est pas indiquer la nature spéciale du ridicule, et il reste encore place à des études toutes psychologiques sur le caractère de l’idée qui provoque le rire. C’est une preuve de plus qu’il n’y a de salut pour l’organologie que dans une bonne psychologie.

(1) slnat t. p. 173-5.

(2) Obs p. 200. Manuel, p. 51.

(3) Manuel, p, GO.

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