‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 176 sur 181 · SOUS-DI VISION DES SENTIMENTS · texte numérisé non relu

SOUS-DI VISION DES SENTIMENTS

<( Estime de soi. »

« Approbativité. »

Les pbrénologistes rapportent à l’estime de soi l’amour de l’égalité et de la supériorité , ainsi que l’amour de l’indépendance et du pouvoir. Pourquoi n’y rapportent-

CONCLUSION

ils pas aussi l'amour des louanges? Nous leur accordons que le désir de l'approbation se distingue de la bonne opinion que chacun a de soi-même ; mais il n’est pas plus difficile d’en distinguer l’émulation et l’ambition. L’orgueil n’engendre pas toujours l’une et l’autre, et il les exclut même quelquefois.

a Circonspection. »

Sous ce titre, les phrénologistes ont confondu des appréhensions vraiment instinctives et des appréhensions

réfléchies, engendrées par l'induction, c’est-à-dire par ce qu’ils appellent la comparaison et la causalité.

« Bienveillance. »

Cette disposition est un mode de toutes les affections du cœur, et non une faculté spéciale. L’organe que les phrénologistes lui attribuent est placé au-dessus des organes des facultés intellectuelles, et convient mieux à la faculté morale ou régulatrice, si une pareille faculté peut avoir un organe.

« Vénération. »

Les phrénologistes n’ont pas convenablement distingué la vénération instinctive ou a priori , qui suppose le mérite quelquefois là où il n'est pas, d’avec le respect pour la vertu et le génie, qui est a posteriori , et qui dépend d’autres principes.

a Fermeté. )>

Les phrénologistes n’entendent par ce mot ni la faculté de vouloir, ni l’amour du commandement , mais

ïU CONCLUSION.

l’opiniâtreté dans la poursuite des fins de telle ou telle faculté. Un haut degré d’énergie dans cette dernière suffit pour expliquer son obstination et sa persévérance.

« Conscienciosilé. »

Le jugement moral dans la description que les phrénologistes en ont faite n’est qu’une faculté inutile et illusoire. Le siège que Spurzheim assigne à la conscienciosité est égaré parmi les organes des facultés égoïstes , et serait mieux placé dans l’organe attribué à la prétendue faculté de bienveillance.

« Espérance. »

L’espérance est le résultat d’un certain mode de l'affectivité et non une faculté spéciale.

« Merveillositè . »

11 y a deux espèces de merveilleux: la phrénologie les a confondues en une seule. Elle a de plus mêlé l’amour du merveilleux et les hallucinations qui peuvent en résulter quelquefois, mais qui proviennent aussi d’autres principes.

« Idéalité. »

La phrénologie n’a pu faire comprendre ce qu elle entend par ce terme ou d’autres analogues. Les organes quelle consacre à cette prétendue facullé appartiennent peut-être à l’imagination des sons, à celle des formes et à celle des couleurs, qui ne peuvent résider dans les

CONCLUSION

memes circonvolutions que les perceptions et les mémoires correspondantes. •

« Gaieté. »

S’il s’agit ici de la bonne humeur, cette disposition est,

comme l’espérance, le résultat d’un mode de toute l’affectivité; s il s’agit d’une tendance au rire, Spurzheim n’a pas indiqué le caractère du comique ou du ridicule.

« Imitation. »

Les plirénologistes ont confondu l imitation involontaire, qui est une réaction de la faculté motrice, sous l’influence de la perception et de la mémoire, avec le goût de l imitation intentionnelle , qui seule est une faculté affective.

(( SOUS-DIVISION DES FACULTÉS INTELLECTUELLES

« Genre I. Sens extérieurs . ))

« Genre II. Facultés perceptives. »

<( Genre III , Facultés rèflectives . »

Si les sens extérieurs ne sont, comme le dit Spurzheim en certains endroits , que des conducteurs d’impressions, ils ne doivent pas figurer parmi les facultés intellectuelles. Mais en d’aütres passages de ses écrits, il représente les sens extérieurs comme les véritables facultés perceptives, et réserve les organes cérébraux à d’autres fonctions , doctrine qui était aussi celle de Gall.

D’après cette seconde théorie, les facultés du genre II ne peuvent être nommées perceptives sans faire double emploi avec celles du genre L

CONCLUSION

Spurzheim dit quçlque part que îa perception est îe premier degré de toutes les facultés intellectuelles. Les facultés réfiectives sont donc aussi perceptives? Comment le genre III se distingue-t-il alors du genre II ?

La comparaison et la causalité , qui composent le genre III, ne sont pas des facultés spéciales ; une partie des phénomènes que la phrénologie leur attribue appartient à la faculté inductive , qui fournit une idée nouvelle, celle de la stabilité de la nature, et qui, par conséquent, n’est pas une faculté réflective.

Les facultés d’imagination et les facultés déraison (1) ne sont pas non plus des facultés réfiectives, puisque leurs produits ne proviennent pas d’un travail sur les données des autres facultés.

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