DE LA FACULTÉ MOTRICE
encore la production de i’eiïbrt lui-même. Il ne laisse aux nerfs seuls que les mouvements dont nous n’avons pas conscience, ou qui ne dépendent jamais de notre volonté, tels que le mouvement péristaltique des intestins, la contraction de la matrice qni peut mettre l’enfant au monde après la mort de la mère (1), et c’est probablement par inadvertance que , dans une autre partie, il rapporte aux nerfs la production de la voix (2), car ce phénomène résulte d’un mouvement qui peut être fait avec connaissance et volonté.
Quant au siège qu’il assigne à la faculté motrice , il l’a comme égaré parmi les organes des facultés intellectuelles, entre l’organe de la mémoire de l’étendue et l’organe du coloris. L’analogie s’oppose à cette localisation, et Spurzheim a déclaré, en définitive, qu’il la regardait encore comme douteuse (3). Sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres , il n’avait pas converti son maître qui a écrit : « Ce que M. Spurzheim dit des organes de ï’es- » pérance , de rétenduc , de la pesanteur , n’a pas encore )> pu me convaincre. Aussi n’a-t-iî rien prouvé à leur » égard (4). »
Gall ajoute plus loin : « Plus les facultés sont indis- )> pensables à 1 individu, plus les organes en sont placés
» vers la base du cerveau Les organes qui se prêtent
» secours sont placés près les uns des autres. » Mettant à profit ces faits et ces analogies , nous demanderons pourquoi les phrénologistcs ne placeraient pas l’organe de la faculté motrice dans les lobes moyens du
(2) Obs., p. 235.
(3) Obs. , p. 282.
(4) Anatomie , etc, t. Jlï , p. XXV-
ORGANOLOGIE
cerveau , aux environs du cervelet , derrière l'organe de l’alimentation , devant les organes du sentiment de la propre défense , et de l’amour physique , car ce sont les affections animales qui ont la liaison la plus étroite avec la faculté motrice. Les nerfs olfactifs , suivant la plupart des phrénologistes , paraissant avoir leur origine dans les lobes moyens : si l’on y plaçait aussi la faculté motrice, on expliquerait peut-être par-là pourquoi la respiration des sels volatils fait recouvrer 1 équilibré , et pourquoi l’abus des odeurs et des liqueurs énivrantes le font perdre. L’organe moteur étant alors immédiatement voisin de l'oreille et du cervelet, on comprendrait comment la lésion de ces organes trouble tellement le premier, que des physiologistes distingués ont cru devoir dire , les uns , que les canaux semi-circulaires de l’oreille avaient une certaine influence sur les mouvements , les autres, que le cervelet est l’instrument qui leur donne une direction symétrique.
M. Fossati, dans ses additions à la traduction du nouveau manuel de Combe, déplace le siège de l’organe qui perçoit la pesanteur et la résistance , et le porte vers les tempes, le rapprochant ainsi du lieu que nous venons d’indiquer (1).
M. Vimont est revenu à l’opinion de Spurzheim, mais l’organe assigné par celui-ci à la perception de la résistance et par conséquent à la direcîion de la force motrice, est si petit qu’il est facile de se faire illusion sur sa grandeur relative. M. Vimont raisonne ainsi : Une personne croit que les corps fuient devant elle, et elle s’imagine voir une cascade de spectres tomber dans
O) Nouveau manuel, p. 175.