DIFFÉRENCE DE NATURE ETC
» lectuelles qui précèdent, dit Spurzheim, connaissent;
» celles dont je vais parler réfléchissent (1 ). » Spurzheim veut-il dire par-là que les facultés réflèctives ne font que revenir sur les produits des facultés précédentes, et les combiner entre eux ? Mais il attribue à Tune des facultés réüectives Aidée de cause y qui est une idée toute spéciale , et qui n’a figuré dans les données d’aucune des facultés précédentes. Ce n’est donc pas la réflexion ouïe retour sur les facultés premières qui a pu dégager l’idée de cause , et si cette idée est un produit original , pourquoi l’attribuer à une faculté dite rêflective ?
La division des facultés intellectuelles n’est donc pas plus satisfaisante chez les phrénologistes que la division générale des facultés.
11 est plus facile d’indiquer les défauts d une classification que d’en proposer une qui soit irréprochable. Les objets ont des aspects divers ; une classe ne tient compte des uns qu’en sacrifiant les autres , et elle confond des éléments que , sous certains rapports , il faudrait séparer ; toute classification est donc destinée à céder la place à une autre, suivant les points de vue que choisiront les observateurs. Peut-être serait-il bon d’adopter une distribution qui rapprocherait les facultés par la nature même de l’acte intellectuel , et de les ranger ainsi :
1° Facultés de connaissance ou de certitude : Perceptions extérieures ; Faculté morale ; Conception de l’infini;
2° Facultés de pure croyance : Induction; Faculté interprétative.
flo Facultés de représentation mentale : Les diverses espèces de mémoire et d imagination.
(1) Obs., p.3€y
DE LA COVSCîENCE,
Mais pour la discussion que je me propose , ii conviendra mieux de s on tenir à une sous-division qui me permettra de suivre plus commodément et de plus près tous les pas de mes adversaires.
Je distribuerai ainsi les facultés intellectuelles :
1° Facultés expérimentales ou d'observation , 2° facultés de mémoire ; 3° facultés d’imagination ; k° facultés de raison.
Les premières nous donnent l'idée d'un fait actuel ; les secondes nous représentent des objets absents, mais antérieurement fournis par l’expérience ; les objets des troisièmes ne sont ni présents, ni conformes à 1 expérience ; les quatrièmes nous fournissent nos règles de conduite et les principes de spéculation qui dépassent l’observation actuelle.
Nous traiterons d'abord du mode de toutes les facultés de l ame, mode qui , réfléchi dans la mémoire , constitue la connaissance de nous-mêmes*
$ 2. De la conscience, mode de toutes tes facultés.
On dit ordinairement, en psychologie, que la conscience est une faculté qui nous fait connaître les actes et les états du moi. Mais est-on bien fondé à faire ici deux parts et à mettre d'un côté i'acte ou l’état du moi , et de l’autre la connaissance de cet acte ou de cet état? N'oublions pas les deux conditions que la méthode psychologique prescrit à la détermination des facultés : 1° deux phénomènes sont -ils séparés dans l’expérience ? 2° deux phénomènes inséparables sont-ils