‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 37 sur 181 · DE LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

DE LA CONSCIENCE

en proportion inverse ou au moins différente i une de l’autre? Posons la question à l’égard du plaisir et de la peine : jouir est-il un phénomène qui se sépare de la connaissance qu’on en possède ? est -il possible de jouir sans le savoir ? jouir et savoir qu’on jouit , n’est-ce pas une seule et môme chose absolument indivisible? Les phrénologistes à l’exemple des philosophes , ont méconnu cette identité. « Il faut distinguer, dit Spur- » zheim , les douleurs ou les impressions douloureuses » d’avec la conscience qu’on en a (1). » Est-ce qu’il peut y avoir en nous une douleur que nous ignorions ? Veut-on parler de l’action sur les nerfs d'où résulte la douleur? Sans doute nous pouvons ignorer cette action, c’est-à-dire qui! peut n’en pas résulter de douleur, comme dans l’évanouissement ou l’extase; mais alors, on ne dit pas quil y ait douleur, on donne au contraire à cet état le nom d'apathie. D’où vient donc que nous comptons en philosophie deux facultés : 1° la sensibilité ; 2° la conscience de la sensibilité. Ny a-t-il pas là un dédoublement, par abstraction, comme quand nous disons : je sens une douleur, au lieu de dire simplement : je souffre. Ne faut-il pas dire avec Malebranche : « C'est la meme chose à )> l’âme de recevoir la manière d’être qu’on appelle » la douleur, que d’ apercevoir la douleur, puisqu’elle » ne peut recevoir la douleur d’autre manière qu’en )> l’apercevant (2). » Nous pouvons encore invoquer en faveur de cette opinion l'autorité du successeur de D u gaid- Stewart , de Thomas Brown , encore trop

(i) Obs p. 9.

[ (2) De la Recherche de la cérité} liy. i® '; chap.^I, S i.

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