‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 38 sur 181 · MODE DE TOUTES LES FACULTÉS · texte numérisé non relu

MODE DE TOUTES LES FACULTÉS

pou connu en France. « Iî ne faut pas, dit ce phiîo- )> soplie , regarder l'intelligence , la sensibilité , la vo- » lonté comme des objets de connaissance pour une )> faculté distincte de ces facultés elles-mêmes ; mais » comme des manières dont le moi s’apparaît à lui- » même ; ce sont des modes de conscience et non pas » des objets de la conscience (1). » Ce que nous ayons dit de la sensibilité peut se répéter de l'intelligence, de la volonté et de toutes les manières d’être du moi • être pour le moi et se savoir c'est la même chose ; et c’est justement ce caractère qui distingue le moi du non-moi. Le non-moi peut exister sans le savoir; le mot je exprime un être et un savoir indivisible ; c’est-àdire un être qui est en même temps le savoir de son être. On nous paraît donc commettre une erreur, lorsqu’on ne fait pas de la conscience un attribut inséparable de toute manifestation du moi , et qu’on admet des sentiments et des facultés intellectuelles qui n’auraient pas la connaissance d’eîles-mêmes , c’est-à-dire des sentiments qui pourraient n’être pas sentis et des connaissances qui pourraient nous demeurer inaperçues au moment même oii nous les acquérons.

Je ne me dissimule pas que cette thèse est sujette à de graves objections, et voici comment on pourrait les formuler :

« À ne considérer que Fun des deux criteria de la distinction des phénomènes, la conscience ne serait pas une faculté spéciale , car elle est inséparable de tous les actes du moi ; mais deux phénomènes peuvent s’ae-

(1) Lectures on lhe phdosophj of the human mind f by Thomas BrOWiî . 2 édit-, t. II , p. 22§.

lJE LA CONSCIENCE?

compagner sans être toujours en proportion 1 un de l’autre , et ce second critérium suffit pour qu'on les rapporte à des causes différentes. Nos mouvements , par exemple , ne proportionnent pas toujours leur degré d'énergie, de célérité, ou de délicatesse à la conscience que nous en avons. Au contraire , les mouvements auxquels nous sommes rompus par l’habitude , et que nous exécutons le mieux, sont ceux dont la conscience est si peu claire , qu’en les produisant nous nous en apercevons à peine. Quant à l’affectivité, ce ne sont pas les hommes les plus sensibles qui raisonnent le mieux sur la sensibilité; ce n'est pas le plus amoureux qui donne la meilleure analyse de l'amour. Celui qui fait le plus usage de la volonté n’en a peut-être jamais remarqué le développement ; et , pour prendre un seul exemple relatif aux facultés intellectuelles : croire est un acte intellectuel, qui se distingue du savoir , ou de la certitude. Or, avoir la conscience d’une croyance, ou savoir que l'on croit , c’est avoir une certitude relativement à l’existence d’une simple croyance. Il semble impossible de ne pas apercevoir ici le dédoublement de la conscience et de l’acte intellectuel qui s’y réfléchit. »

A ce raisonnement nous opposerions la réponse suivante :

Si nous comprenons difficilement que le moi puisse agir sans savoir qu’il agit , et que la conscience se sépare des actes du moi , il n’en est pas de meme à l’égard de l’attention qu'il prête à ces actes, et du souvenir qu'il en conserve. Les actes que nous accomplissons avec peine fixent noire attention, et nous en gardons la mémoire ; ceux qui ne coûtent pas d’effort ne sont

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