DIFFÉRENCE DE LA PERCEPTION
donc se contenter de dire que le tangible est le tangible , et que les hommes entendent , par matière ou par corps, ce qui se touche ou ce qui est susceptible d’être touché, ou ce qui est associé aux choses tangibles et connu par le corps humain, qui n’est lui-même qu'une étendue tangible , instrument de nos perceptions.
Chacun entend assez bien le sens du mot perception : l’on adhère, généralement, à la définition que Thomas Reid en a donnée : « Le mot percevoir , dit-il , ne s’ap- )> plique jamais aux choses de l'existence desquelles nous » n’avons pas la pleine conviction. Je puis concevoir ou » imaginer une montagne d’or, un cheval ailé; mais » personne ne dira qu’il perçoit ces êtres imaginaires : » la perception se distingue par là de la conception ou » de l’imagination. 2° La perception ne s’applique qu’aux » objets extérieurs et non pas à ceux qui sont dans )> l’esprit; si je souffre, je ne dis pas que je perçois la » douleur : par là , la perception se distingue de la con- » science. 3° L’objet immédiat de la perception est » toujours une chose présente , jamais une chose passée. » Nous nous souvenons de ce qui est passé , nous ne le » percevons pas, et par là la perception se distingue » du souvenir. En un mot , la perception est la con- » naissance que nous avons des objets extérieurs par nos » sens (t). »
S 5. Différence de !a perception et de l’affection.
Cette définition distingue très-bien la perception d’avec
(1) Œuvres de Reid, tr. fr. 3* v , p. 23-4.