‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 47 sur 181 · ET DE L'AFFECTION · texte numérisé non relu

ET DE L'AFFECTION

l'affection agréable ou désagréable qui peut en résulter, et aussi d’avec la conception, soit de mémoire, soit de pure imagination. Insistons sur celte double distinction avant d interroger à ce sujet la théorie phrénologique. Percevoir, c'est connaître par les sens, ce n’est pas jouir ou souffrir. Ainsi, vous percevez l’étendue tangible sur laquelle est soutenu votre bras : cette perception n’est ni un plaisir, ni une peine. Il y a des couleurs qui vous plaisent, d’autres qui vous déplaisent , d'autres qui vous laissent indifférents, et que vous ne distinguez pas moins très -nettement d'avec les précédentes. La distinction que vous faites entre les sons n’est pas toujours une distinction de plaisir ou de peine : lorsqu’une voix frappe votre oreille , vous distinguez les articulations qu elle prononce ; mais combien peu de personnes ont songé à se demander ce. qu’ils préfèrent de l’a, de 17, ou de i’o , ou meme si ces articulations leur plaisent ou leur déplaisent. Qui pourra me dire ce qu'il aime le mieux en musique de la médiante, de la sensible ou de la dominante? Personne peut-être, et cependant il n’est pas besoin d’une oreille trèsmusicale, pour distinguer les tons désignés par ces mots. Il y a donc ici une distinction de perception et non une distinction d’ affection. La différence de la perception et de l’affection est un peu plus difficile à saisir à propos de la température, de l’odeur et de la saveur, parce qu’ici la perception et l'affection se séparent plus rarement. Cependant cette différence n’en existe pas moins. La perception de ia température peut se distinguer du plaisir ou de la peine qu elle produit: la glace , que vous fuyez en hiver , vous la recherchez en été ; elle reste la même, comme objet de perception , bien

Page 1