ET DE LA CONCEPTION
en premières et secondes , les premières étant considérées par eux comme objectives ou réelles au dehors de nous , les secondes comme subjectives ou comme de pures mo- ‘ diûcations de nous-mêmes. Ce n’est pas le lieu d’examiner si cette division peut se justifier par des motifs plus légitimes.
Cette théorie de la perception n’est pas nouvelle, c esj^ celle qui résulte du chapitre de Reid sur l’explication des mots (1). Il est vrai que cet auteur l’a gâtée lui-même plus tard , en disant que la conception se retrouve dans tous les actes de l’esprit , même dans la perception , et que celle-ci n'est qu’une conception accompagnée de la croyance à l’existence de son objet (2). Cette seconde opinion renverse la première : la perception n’est plus ici un fait sui generis , dont la nature est de contraster avec la conception ; la première contient la seconde ; on ne peut plus les séparer que d une manière arbitraire. Dans la première théorie, les deux faits s’excluent et répugnent, pour ainsi dire, l’un à l’autre ; elle oppose en propres termes la perception à la conception, et elle conclut par ces mots : « La perception des objets extérieurs par nos sens , est une opération de l’esprit d’une nature particulière , et elle doit avoir un nom qui lui soit propre... Voir, entendre, sentir, goûter, toucher sont les opérations particulières de chacun de nos sens : percevoir exprime ce qui est commun à tous.)) Il n’y a là aucun embarras de conception et de croyance ; le fait est exposé dans tonte sa simplicité, et pour ainsi
dire , dans toute sa naïveté. C’est cette théorie que je viens de développer.
Nous avons vu qu’elle distingue la perception , 1° de l'affection ; 2° de la conception , soit de mémoire, soit d’imagination. Interrogeons maintenant, sur ce double sujet, la doctrine phrénologique.
S 7. Critique de la faculté d' individualité .
Gall avait assez bien saisi ce qu’il y a de primitif, de simple , dans la distinction que tout homme fait de la perception et de la représentation mentale , et il s’était borné à la constater sans vouloir l’expliquer : « L’animal » et l liomme , disait-il , ont pendant la veille , la faculté )> de distinguer l’idée ( la conception ou représentation » mentale ) d’avec l’objet qui la produit. Cette faculté » se perd pendant le sommeil (1). »
C’est le simple énoncé du fait , et sur ce point , la psychologie ne peut aller plus loin. M. Broussais a imité la sagesse de Reid et de Gall : « La conviction de l’exis- » tence des corps établie sur la faculté de les percevoir )> est inhérente à notre nature; c’est un fait primitif, )> incontestable , inexpliqué , inexplicable (2). »
Écoutons maintenant Spurzheim. Constatons d’abord que cet observateur n’a pas confondu la perception avec l’afFection. Je l’ai entendu citer l’exemple d’un enfant, dont la perception musicale était si délicate que sans re-
(1) Anat.y t. 4, p. 244.
, (3) Cours de phrén.} p. 40.