‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 64 sur 181 · DE MÉMOIRES- . 17T · texte numérisé non relu

DE MÉMOIRES- . 17T

deurs et des formes tangibles. Spurzlieim ne s’est pas assuré si cet habitant de Londres qui ne distinguait pas l’étendue de couleur réfléchie par l’église Saint-Paul , de celles que réfléchissaient les maisons voisines (1), n’aurait pas très-bien distingué et par conséquent retenu l’étendue tangible de ces bâtiments. Les peintres et les sculpteurs qui se représentent les traits des modèles antiques explorés par leurs yeux , n’en garderaient peut-être pas un aussi fidèle souvenir, s’ils les connaissaient seulement par le toucher, comme le sculpteur aveugle dont nous trouvons l’histoire dans les Nouvelles de la république des Lettres (1).

La perception de l’étendue et de la forme est toujours liée à celle de la couleur ou à celle du tangible ; de même le souvenir de la forme et de l’étendue est lié, soit au souvenir d’une couleur, soit au souvenir d’une surface tangible. Spurzlieim cite l’exemple de quelques personnes qui ne distinguent plus le rouge d’avec le vert, ou le vert d’avec le brun, et qui continuent de distinguer les étendues et les formes des couleurs, dont ils n’apprécient plus exactement la nuance. Elles possèdent donc encore la mémoire des étendues descouleurs ; est-ce une raison pour qu’elles jouissent au même degré delà mémoire des étendues tangibles ?

A toute perception spéciale doit correspondre une mémoire spéciale, et nous avons droit de réclamer une mémoire du toucher comme une mémoire de la vue. Si la seconde, qui se sous-divise en mémoire des couleurs, de leur étendue et de leur forme, appartient aux or-

(1) Voy. 3° part., ch. Ior, § g.

(î) Octobre 1685.

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