‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 86 sur 181 · FACULTÉ RÉGULATRICE · texte numérisé non relu

FACULTÉ RÉGULATRICE

morale pourraient être le fruit du raisonnement, si nous avions le temps et les lumières nécessaires pour les raisonner dans le point de vue de notre intérêt, nous n’en devons pas conclure que ces actions soient issues de cette dernière origine. Premièrement, ce que la nature nous inspire doit être conforme à notre intérêt, puisque autrement elle détruirait d’une main ce qu’elle aurait élevé de l’autre. Secondement, par respiration de la conscience, la nature nous conduit au but qu’elle se propose, plus sûrement et plus promptement que par les calculs difficiles et hasardeux de l’intérêt. Troisièmement, les notions et les actes inspirés par la conscience ont des caractères fort différents de ceux qui leur appartiendraient s'ils étaient raisonnés dans une vue intéressée. C’est cette différence que nous allons nous efforcer de faire ressortir.

Exposons d’abord les notions et les actes qui nous paraissent devoir se rapporter à une conscience morale ; et confrontons-les ensuite avec les résultats dïm raisonnement fondé sur l'intérêt

Lorsque nous nous replions sur le spectacle intérieur de nos sentiments , il en est que nous jugeons meilleurs que les autres : nous donnons la préférence aux affections

du cœur et de l’esprit sur les affections du corps (1). Dans

le sein de chaque désir il y a une certaine limite que nous jugeons ne devoir pas être dépassée : nous tolérons l’amour delà propriété , le juste ressentiment d’une injure, nous ne pouvons permettre l’avarice et la soif de la vengeance ; nous approuvons l’émulation , l’amour de l’estime , de l’indépendance et d’une légitime autorité ; nous

(1) Voy. 4e partie, chap. I et II.

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