‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 89 sur 181 · OU MORALE · texte numérisé non relu

OU MORALE

de bien et de mal moral qui est la base de tout Tédifice :

retirez-la , et tout s’écroule.

L'idée abstraite de bien et de mal moral se forme de tous les jugements moraux particuliers : ainsi nous préférons l’émulation à l’envie , lst modestie à l’orgueil , la tempérance à la passion effrénée , la résignation à l’excès de la douleur : pourquoi cela ? il n’y a pas de raison à en donner. C’est un jugement primitif, s ai generîs , et c est pour cela qu’on le rapporte à une faculté particulière. Nous jugeons qu’il est bien de ne pas nuire , qu’il est mieux de servir et encore mieux de se dévouer. Que signifient ces mots : il est bien , il est mieux ? Bien en eux-mêmes si on ne les joint à telle ou telle action. C’est telle action qui est bonne , c’est telle autre qui est mauvaise : comment jugeons-nous ainsi? parce que nous jugeons ainsi.

Confrontons maintenant les actes inspirés par! la conscience avec ceux qui sont raisonnés sur le pied de l’intérêt. Est-ce une habile spéculation commerciale qui nous a donné l’idée des récompenses à venir et d'un Dieu rémunérateur? Est-ce pour le calculateur intéressé que l’état doit réserver les récompenses dont il dispose? Est-ce aux spéculateurs malheureux qu’il doit infliger les châtiments? L'égoïsme vous suggère-t-il l’idée du mérite ? Pou-

vez-vous en faire un article de loi? Est-ce à l'égoïste que vous réservez votre estime et vos éloges? Le désintéressement est-il un démérite? donne-t-il lieu au blâme , au mépris, au repentir, au remords? Les actes inspirés par la conscience ne sont donc pas calculés sur la règle de l intérêt. On ne sait pas , lorsqu'on nie un seul principe de l’intelligence, combien d’idées accessoires on supprime du meme coup. Rejetez la distinction primitive du bien

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