‹ La psychologie et la phrénologie comparéesChapitre 90 sur 181 · FACULTE RÉGULATRICE OU MORALE · texte numérisé non relu

FACULTE RÉGULATRICE OU MORALE

et du mal , c’est-à-dire des bonnes et des mauvaises actions , il vous faudra révoquer du même coup les idées d'estime , de mépris , d’éloge , de blâme , d honneur, de déshonneur, de devoir, de droit , de dévouement , de loi, de peine et de récompense dans ce monde ou dans l’autre ; vous détruisez la plus importante des institutions sociales , celle des tribunaux , et vous enlevez la base la plus ferme de toute religion.

Ajoutons que pour arriver à découvrir comment les bonnes actions peuvent en définitive servir nos intérêts , comment les plaisirs de l'esprit sont supérieurs à ceux du corps , comment l’envie peut nous perdre , comment le respect des.biens d’autrui est salutaire à ceux-mêmes qui ne possèdent rien, il faut une instruction et une habileté de raisonnement dont très-peu d’hommes sont capables , que d’ailleurs en matière de passion et d’intérêt chacun est son propre juge , et qu’on ne persuadera jamais à l'avare par exemple qu’il lui serait plus utile de dépenser que de conserver, car le bonheur pour lui c’est justement de garder.

Si prenant une autre route pour arriver au même but, on prétend nier la conscience morale en ramenant les vertus individuelles et sociales au désir de l’estime , de l’honneur ou de la récompense, on tourne dans un cercle vicieux. Pour désirer la récompense , l’honneur ou l’estime, il faut que ces avantages existent. Or, comment

les concevoir sans l'idée de désintéressement , de vertu ,

et par conséquent sans le jugement moral ? Nous ne prétendons pas que tel homme ne puisse faire par amourpropre ce qu'un autre accomplit par conscience , mais le premier lui-même doit concevoir l’idée de vertu , puisqu’il désire l’estime ; que pour la désirer il lui est néces-

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