CHAPITRE PREMIER
LES PHÉNOMÈNES GRYPTOIDES
Bacon, dans son No vum Or g anum ' , recommande au savant d'observer indifféremment tous les faits qui se présentent à lui, mais de réserver en quelque sorte son intérêt et son attention pour les laits vraiment significatifs et instructifs auxquels il donne le nom de faits privilégiés ou prérogatifs (prœrogativœ instantiarum) ; et parmi ces faits, dont il compte, non sans excès, vingt-sept espèces, il place presque en première ligne les faits ostensifs (instantiœ ostensivse), qu'il nomme aussi coups de lumière'1 ou exemples de prédominance. Ce sont ceux dans lesquels la propriété ou la cause que l'on étudie se montre à nu, affranchie de tous les obstacles, au plus haut degré de sa puissance. Bacon en donne comme exemple l'aimant, où la force attractive est ainsi mise en relief; et il oppose à ces faits ceux qu'il appelle faits clandestins ou de crépuscule (instantide clandestinde et crepusculi). « Ce sont ceux où la propriété cherchée se présente à son plus bas degré et comme à son berceau, faisant ses premières tentatives et ses premiers essais, mais comme masquée et vaincue par son contraire » , et il en donne comme exemple la cohésion dans les liquides.
Il nous semble qu'en se plaçant à un point de vue plus général encore on pourrait diviser tous les phénomènes de la nature en deux grandes classes auxquelles conviendraient