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QUATRIEME PARTIE

LES PHÉNOMÈNES SPIRITOÏDES

Est-il possible d'étudier scientifiquement le spiritisme? Telle est la question qu'on se propose d'examiner ici.

Il convient avant toute chose de bien préciser le sens des principaux termes que nous allons employer dans cet examen.

Le mot « spiritisme » a, dans l'usage courant, des significations très diverses, quoique plus ou moins voisines les unes des autres. D'une manière générale, on peut dire qu'il désigne tantôt un ensemble de faits d'une certaine espèce, tantôt une doctrine, hypothèse, théorie ou système, proposée pour l'explication de ces faits.

Au premier point de vue, qu'on pourrait qualifier en quelque sorte d'objectif, le spiritisme comprend tous les faits où semble se manifester, en présence ou à l'occasion de certains incidents de la vie des êtres humains, l'intervention d'êtres intelligents, habituellement invisibles et qui ne font pas normalement partie de notre monde.

Que de tels faits, marqués de cette apparence, se produisent effectivement, et qu'on puisse les observer, les décrire, les classer, etc., c'est là un point qu'il n'est plus possible aujourd'hui de contester, la question de savoir jusqu'à quel point cette apparence correspond dans chaque cas particulier

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à quelque réalité, et à quelle sorte de réalité elle correspond, étant, bien entendu, réservée. Gomme ces faits se produisent toujours ou presque toujours sous la condition de la présence de certains individus particuliers qu'on nomme médiums, on a aussi proposé de les appeler médiumniques, médianimiques ou médianiques (car la forme du mot n'est pas encore très bien fixée). Ils présentent d'assez nombreuses analogies avec d'autres faits (chez lesquels cependant manque l'apparence ci-dessus décrite) et qui souvent se produisent en combinaison avec eux : à savoir les faits de suggestion et autosuggestion, hypnotisme, dédoublement de la personnalité, magnétisme animal, divination de pensée, transmission de pensée, télépathie, extériorisation de la sensibilité et delà motricité, etc., etc. Aussi certaines personnes, surtout dans le public étranger à ce genre d'études, englobent-elles même ces derniers faits sous l'appellation générale de spiritisme : ce qui est un abus de mot tout à fait illégitime et regrettable. Les faits spiritiquesou médianiques d'une part, et les faits d'hypnotisme, suggestion, magnétisme animal, etc., d'autre part, constituent deux ordres de phénomènes parfaitement distincts et qu'on peut, qu'on doit même étudier séparément (bien que, comme nous l'avons montré ici même1, une certaine connaissance du second de ces ordres soit indispensable pour pouvoir s'orienter utilement dans l'étude des premiers sans que la réciproque soit également vraie).

Ce sont ces faits spiritiques, ou, comme nous avons proposé de les nommer, spiritoïdes, avec leur apparence, illusoire ou véridique, qu'il s'agit avant tout, pour le savant appliqué à leur étude, de recueillir dans les meilleures conditions d'exactitude et d'authenticité, soit par l'observation, et, s'il se peut, par l'expérimentation directe et personnelle, soit par des attestations rigoureusement contrôlées de témoins

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