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L ECHELLE DES HAUTEURS

La hauteur varie suivant la radiation lumineuse que Ton considère. Sa distribution dans le spectre représente une gamme : Téchelle spectrale des hauteurs. Nous allons utiliser, pour en dresser la courbe, divers phénomènes étudiés en commun par M. Macé de Lépinay et moi-même.

Phénomène de Piirkinje.

« Le bleu, avait dit Purkinje(l), sevoitàla lumière la plus faible, tandis que le rouge exige une lumière plus forte.

<i Si Von compare, avait, plus tard, fait remarquer Dove, sous des éclairages différents, les intensités lumineuses de surfaces recouvertes de couleurs différentes, c'est tantôt Tune et tantôt l'autre qui parait plus claire. En général, les couleurs qui prédominent sont, pour une grande intensité d'éclairage, les moins réfrangibles, telles que le rouge et le jaune, et, pour un éclairage peu intense, les plus réfrangibles, telles que le bleu et le violet.

« Si un papier rouge et un papier bleu paraissent également clairs à la lumière du jour, à la tombée de la nuit, le papier bleu parait plus clair et le papier rouge paraît souvent tout à fait noir.

« De même, quand on est surpris par la nuit dans une galerie de tableaux, si le ciel ne présente pas de ces colorations qui accompagnent souvent le crépuscule, on remarque que les couleurs rouges disparaissent les pre-

(1) Zw* Physiologie der Sinne, II, 109,

%i PSYCHOLOGIE SENSORIELLE.

miéres et que les coolears bleaes restent le plus longtemps visibles.

a De même, dans la naît la plus obscure, lorsqu'on ne voit plus aucune couleur, on distingue encore le bleu du ciel, n

Helmhoitz (I), après avoir relaté ou signalé ces diverses applications du phénomène, en a poursuivi l'analyse à l'aide des couleurs prismatiques, estimant leurs valeurs respectives par la comparaison des ombres qu'on y peut projeter.

Macé de Lépinay et Nicati y ont employé tour à tour le procédé photoptométriquedes ombres égales, imité d'Helmliollz, et celui des acuités visuelles égales basé sur la comparaison des angles visuels d'ultime distinction ou angleslimites, dont la petitesse croît avec la valeur lumineuse indépendamment de tout phénomène de coloration.

Soumettant le phénomène non plus à de simples esti* mations, mais à des mensurations multiples et répétées, ces auteurs établissent tout d'abord (deuxième mémoire des Annales de chimie et de physique^ p. 45) que le phénomène de Purkinje proprement dit est limité au champ do vision centrale de 45 minutes environ, c'est-à-dire que les valeurs ne suivent plus la même loi du moment que Touverturo du cône sous lequel on voit les objets est plus petite que 45 minutes.

Ils examinent ensuite point par point la distribution du phénomène pour toute l'étendue du spectre et en dressent les courbes ramenées par le calcul au spectre normal.

D'aprt^s leurs mesures, le phénomène est nul si l'on com))are entix^ elles les radiations les moins réfrangibles jusqu'au vert moyen de longueur d'onde X = 0^,517,

mais de plus en plus accusé à mesure que l'on compare ces mêmes radiations aux radiations plus réfrangibles jusqu'à Textrémité du violet.

D'après Helmholtz, le phénomène existerait également dès Torigine du rouge et marcherait progressivement dans toute retendue du spectre. Cette affirmation correspond

Rouge VertX.OjAyiî;

Bleu

Indigo

Violet

Fig. 3. — Marche relative des intensités apparentes dans les changements de l'intensité Inmineuse objective (vision centrale).

bien réellement à la vérité répondant à l'appréciation de différences qu'il est possible de constater, mais non de mesurer.

En résumé :

i® Des radiations de longueurs d'ondes différentes mesurées égales en valeur pour une intensité d'éclairage donnée, ne sont plus égales sitôt que cette intensité a été

modifiée, mais s'écartent les unes des autres suivant des

lois constantes.

Les tracés de la figure 3, dressés schéraatiquement, et dans lesquels on a pris pour abscisses les intensités photométriques et pour ordonnées les sensations correspondantes, en sont la représentation graphique.

2» Les écarts de la sensation de valeur ou de clarté qui

Violel

Bien Vert Orangé Jaiine Rouge

Fig. 4. — Répartition spectrale du phénomène de Purkinje déterminant l'échelle des hauteurs.

accompagnent les variations de l'intensité lumineuse diminuent à mesure que Ton compare avec les radiations courtes des radiations de plus grande longueur d'onde, et cette diminution, très sensible jusqu'à X=: 0,517 (vert moyen), décroit ensuite comme le représente la figure 4, qui est la courbe de distribution de la tension dans le spectre normal.

3® Cette distribution est propre au seul champ de vision centrale sur une étendue de 45 minutes environ.

Phénomàne de Hacé de Lépinay.

C'est un phénomène mis en relief pour la première fois par Macé de Lépinay et Nicali, et que je demande la permission d'appeler du nom de mon collaborateur, à qui en revient la paternité.

On connaît la loi de Bouguer-Masson qui est la suivante : présentons à Tœil deux surfaces voisines éclairées, J'une par une quantité Q d'une certaine lumière, Fautre par une quantité Q'=: AQ de la lumière de même nature, Tœil cesse de pouvoir apprécier la différence des éclairages de ces deux surfaces lorsque la di£férence AQ est une certaine fraction de l'intensité moyenne Q, c'est-à-dire

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