Povarnine. Thèse. St-Pétersbourg
certains points, il n'était pas même sûr de l'existence; 4) si tous les points s'étaient imprimés avec autant d'intensité ; 5) s'ils s'étaient imprimés dans le même ordre où ils étaient reproduits ; 6) s'il n'y avait pas de conditions particulières qui eussent favorisé la concentration.
Si la réaction principale était ici de nature graphique, la réaction concomitante qui servait à détourner la concentration nerveuse, se faisait sur un mode oral. Elle consistait en une opération arithmétique avec des nombres doubles prononcés à haute voix.
Le résultat devait être énoncé de même.
Il est bien entendu que les conditions générales de l'expérience étaient réglées avec une précision mathématique. Chaque expérience était précédée d'un avertissement avec un temps d'arrêt calculé pour chaque sujet selon l'effort qu'il accomplis sait pour obtenir la concentration nerveuse. Un calcul spécial fait avec le tachistoscope avait fixé à quatre secondes le temps d'exposition des cartons. L'expérience commençait par quelques opérations arithmétiques, variant de 1 à 5, au milieu desquelles., notamment entre l'énoncé du second nombre et la réponse du sujet, on fermait le courant du tachistocope et commençait la présentation. Chaque séance comprenait 12 expériences de ce genre, la moitié faite avec les opérations mathématiques, l'autre sans opération, de manière à faire ressortir le rôle de la concentration nerveuse.
L'appréciation des résultats se basait avant tout sur le nombre des points enregistrés avec certitude. Les points douteux étaient comptés à part. Un compte spécial était fait pour les cas où le nombre des points dépassait 6 et un autre pour ceux où les points formaient des figures géométriques.
Comme principal résultat on a trouvé que lorsque la concentration nerveuse était détournée, le nombre des points sûrs diminuait, tandis que celui des points à disposition douteuse marquait une augmentation. Les points dont l'existence même semblait douteuse se montraient très variables ; chez les uns ils augmentaient, chez les autres ils diminuaient ou restaient stationn aires.
Si la réaction accessoire s'accentuait, le nombre des points enregistrés accusait une diminution, si elle s'affaiblissait, l'enregistrement devenait meilleur. Enfin, lorsque le calcul arithmétique devenait par trop difficile, la réaction principale s'annulait : le sujet n'apercevait plus qu'un fond blanc avec un nuage gris là-dessus.
En ce qui concerne les points formant une figure géométrique, on a vu que le nombre de ces derniers restait à peu près le môme.
D'autres expériences ont prouvé l'effet de la concentration nerveuse sur la reviviscence des traces cérébrales et l'identification de celles-ci.
D'après Smith, lorsque la concentration est détournée, les associations sont moins précises et moins durables 1. D'après Povarnine, c'est l'identification qui devient alors plus difficile2. D'après Daniels, la reviviscence des traces cérébrales devient, dans ces conditions, très éphémère 3.
Les expériences de Povarnine étaient faites à l'aide d'un métronome. On demandait au sujet de comparer deux séries de sons, tantôt égales, tantôt différentes d'un seul coup. L'opération mentale concomitante devait l'empêcher de compter et ramener le jugement à la reviviscence des traces cérébrales. Les résultats ont montré que plus l'attention était déviée, plus il y avait de réponses fausses ; lorsque le travail mental était intense, les sons se faisaient tout à fait indistincts et l'appréciation devenait impossible.
On a vu aussi que les erreurs étaient plus fréquentes lorsque la première série était plus longue que dans le cas opposé.
Enfin, la concentration nerveuse a aussi un retentissement sur la vitesse des processus neuro-psychiques.
L'observation et l'expérience tombent d'accord que les processus qui se passent sans le concours de la concentration nerveuse, sont plus rapides que les autres. On peut même dire