‹ La psychologie objective;Chapitre 104 sur 145 · Povarnine, ibid · texte numérisé non relu

Povarnine, ibid

3. Daniels. The memory, after image and attention. Amer. Journ. of Psych., v. VI.

plus. Ceux qui au début demandaient un effort de concentration nerveuse, à mesure qu'ils deviennent automatiques, se font plus rapides.

Les expériences faites dans notre laboratoire par Mme Dobrotvorskaïa ont montré que l'absence de la concentration nerveuse favorise l'établissement des réflexes associés. Ainsi, par exemple, si on combine une excitation lumineuse, avec une excitation sonore dans un arc réflexe terminé par la pression d'un doigt, la substitution de la première à la seconde s'obtient bien plus rapidement, lorsque l'attention du sujet est occupée par un travail accessoire. Nous l'avons prouvé en lui demandant de nommer les figures qu'on lui traçait sur l'avant-bras ou de déchiffrer les lettres formées par des ardillons métalliques sur un cylindre tournant en contact avec son doigt1.

Les observations précédentes se rapportent non seulement à la formation des impressions, mais aussi à l'activité plus com plexe du cerveau qu'on appelle travail mental.

Mais ici la concentration est interne et les recherches expérimentales sont moins faciles. Citons, à titre d'exemple, quelques procédés par lesquels on a cru pouvoir l'atteindre. Ainsi, on a essayé de montrer aux sujets des images énigmatiques en leur demandant de découvrir la figure qui s'y trouvait cachée ; on leur a demandé de comparer deux images ne différant que par de tout petits détails ; on les a mis en demeure de tirer une conclusion fausse (par exemple en disant : « les oiseaux volent, la mouche vole, donc la mouche... est un oiseau ») ; on leur a présenté des dessins contenant une absurdité. De ces procédés, c'est le dernier qui paraît être le plus pratique, à condition que l'absurdité consiste dans un simple détail. Comme telle on peut prendre le fait de placer à un chien la queue sur le dos, à une maison la cheminée sur le côté, etc., etc.

Rappelons enfin que dans la concentration nerveuse comme

1. Il a fallu recourir ici aux excitations tactiles, la vue du sujet étant déjà prise par les excitations lumineuses. On commençait naturellement par le familiariser avec la perception tactile des signes dans le genre de ceux qui forment l'alphabet des aveugles. Un tout petit nombre de ceux-ci suffit pour cette expérience.

dans toute autre manifestation de l'activité neuro-psychique on trouve des différences individuelles nettement marquées. Ainsi, d'après le calcul du Dr Wladimirsky, chez les sujets âgés de 17 à 18 ans, dans le même laps de temps (48' 12"), le nombre des erreurs faites avec les signes de Vaschide variait entre 21 à 69, et le nombre des lignes parcourues du regard, entre 270 à 386 ».

Action de la concentration nerveuse sur le travail musculaire et les réactions motrices. — Nous avons déjà dit plus haut que la concentration nerveuse agit sur la respiration, sur la dilatation des pupilles, sur l'accommodation et d'autres formes du travail musculaire. Ce fait mérite d'être examiné de plus près. Du reste, d'après M. Ribot, il s'agit là non seulement d'une action sur le système musculaire, mais d'un acte propre de ce dernier, la concentration nerveuse ayant pour base une coordination des éléments musculaires.

Pour élucider ce problème nous avons demandé auDrTopaloff de faire des expériences dans notre laboratoire-. Le travail musculaire était mesuré à l'aide de l'ergographe Mosso-Kraepelin, et pour détourner la concentration nerveuse il se servait des procédés suivants : lorsque l'ergographe était dans la main droite du sujet, ce dernier devait faire un travail mental d'addition ou de soustraction, lorsque l'ergographe était dans la main gauche, il devait avec la droite barrer certains signes dans le tableau de Vaschide.

Les résultats des expériences se réduisent à ceci :

1° Lorsque la concentration se détourne, le travail musculaire accuse généralement une élévation ; lorsqu'elle se fixe sur le travail lui-même, il subit un abaissement ;

2° L'élévation du travail musculaire est en rapport direct avec le nombre des saillies dans ses courbes ;

3° La moyenne des courbes change peu, que la concentration se fixe sur le travail musculaire ou qu'elle en soit

tj Communication à la Société russe de Psychologie. Westn. Psych.,

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