Topaloff. Thèse. Saint-Pétersbourg
détournée ; cependant, lorsque celle-ci varie, on remarque une tendance à l'abaissement ;
4° Sous l'effet de la concentration les courbes sont plus élevées; en l'absence de celle-ci, plus basses et plus étendues;
5° Si l'expérience se fait avec des intervalles réguliers, on constate, dans le cas où la concentration est dirigée sur le travail, un abaissement graduel des courbes ; lorsque la concentration est dirigée ailleurs, l'abaissement est loin d'être aussi régulier et quelquefois ne se produit pas du tout ;
6° Le travail mental est loin de déprimer tout travail musculaire. Au contraire, dans la plupart des cas, il exerce une action stimulante ;
7° La fatigue mentale n'abaisse pas la quantité du travail musculaire. Par conséquent, la courbe ergographique ne peut servir à indiquer la fatigue mentale, ni, à plus forte raison, à mesurer cette dernière.
D'autres expériences faites par le Dr Spirtoff ont révélé une corrélation étroite entre l'effort de concentration et les réactions motrices. Elles ont montré que lorsque le sujet suit des yeux certains mouvements et se concentre là-dessus, par exemple sur un jeu de cerceaux ou de quilles, ses mains se mettent à faire des mouvements automatiques qui s'inscrivent sur le tambour de l'appareil enregistreur.
Dans cet ordre de choses on est allé encore plus loin.
On a trouvé qu'il suffit de penser, les yeux fermés, à un mouvement à droite ou à gauche pour qu'un doigt placé dans l'appareil de Sommer se déplace dans le même sens. On voit que la concentration nerveuse est de nature motrice, qu'elle porte sur un phénomène de perception ou sur la reviviscence des traces cérébrales.
Dans ce dernier cas l'influence peut môme être très profonde, s'étendantà l'appareil respiratoire, à l'appareil cardiaque et •au système vasculaire de l'organisme. On sait qu'il suffit parfois de se concentrer sur le souvenir d'une émotion, pour provoquer une accélération du cœur. Ou bien, si on se concentre sur le souvenir d'un air musical, la respiration se met à suivre le rythme de la mélodie.
Zoneff et Meumaim1 ont montré qu'aux mouvements de la concentration nerveuse correspondent certaines variations du pouls et de la respiration. Ainsi, par exemple, lorsque la concentration devient plus intense, ils s'abaissent et marquent un ralentissement; lorsqu'elle devient plus faible, ils s'élèvent et marquent une accélération.
Gley et Mentz affirment que la concentration retentit sur l'état de la circulation sanguine, en opposition à Kiesow qui conteste ce fait.
Maintenant il est d'observation courante qu'il suffit de se concentrer sur l'état du cœur ou de la respiration pour provoquer une accélération de l'un ou de l'autre.
D'autre part, chez les gens nerveux, l'évocation de quelque chose de répugnant peut provoquer un vomissement, la concentration sur l'aspect de sa figure, une rougeur, etc., etc.
Dans la littérature on trouve aussi des indications sur des phénomènes trophiques comme produits de la concentration sur une pensée ou un souvenir, par exemple sous forme d'éruptions nerveuses.
Jusqu'où cette corrélation peut aller dans le détail, on peut le voir du fait qu'un effort mental produit une dilatation pupillaire 2. Il en est de même pour tout effort physique et pour la seule évocation d'une frayeur ou d'un mouvement de dégoût3.
D'autre part, l'effort mental produit une diminution du volume des extrémités avec abaissement simultané du pouls (Lehmann).
Les variations individuelles et le rôle de l'exercice. — En ce qui concerne les différences individuelles dans la faculté de concentration, nous pouvons citer le travail du Dr Wladimirsky quia fait des expériences sur 36 sujets, partagés en 3 groupes d'après leur âge.
1. Zoneff et Meumann. Ueber Begleiterscheinungen d. psych. Vorgânge im Athem u. Puis. Phil. Stud., XVIII, 1903.
2. Roubinovitch. Réflexe idéo-moteur de la pupille. Voir Povarnine, Thèse .