‹ La psychologie objective;Chapitre 112 sur 145 · Ziehen. Phys. Psychologie, p. 178 et suiv · texte numérisé non relu

Ziehen. Phys. Psychologie, p. 178 et suiv

avant la formation du langage. Mais les complexus abstraits qui présentent le produit d'une synthèse, comme par exemple celui de l'animal ou celui de la nourriture, ne peuvent certainement se former qu'avec la symbolique verbale.

Naturellement, il faut tenir compte du fait qu'au début les associations sont très incertaines et les complexus assez vagues. On s'en rend compte facilement en étudiant le langage des enfants. Le même mot leur sert parfois à désigner plusieurs objets, pourvu que ces derniers aient des éléments communs. Ainsi, par exemple, notre propre enfant, ayant vu une écrevisse nager et ayant saisi le mot « écrevisse » (en russe, « rak »), désignait par ce mot tout ce qui nageait ou flottait sur l'eau. Un autre de nos enfants, ayant saisi le mot « mimo » (« à côté » : on le disait pour le prévenir de ne pas s'asseoir à côté du siège), s'en servait pour désigner le canapé, le fauteuil, le tapis, bref tous les endroits où on pouvait s'asseoir.

Il se passe bien des mois avant qu'il se forme de tout cela un complexus générique bien déterminé. Quant aux complexus synthétiques comme « grandeur » ou « bonté », ils restent inaccessibles même à un enfant de trois ans.

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