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CHAPITRE IX

LES RÉFLEXES SYMBOLIQUES (suite).

Application des réflexes symboliques à l'appréciation des données externes et internes. Appréciation des excitations tactiles, thermiques, gustatives, olfactives, auditives et visuelles. Appréciation du déplacement des membres dans l'espace. Appréciation des poids. Appréciation des distances. Appréciation du temps. Appréciation générale des phénomènes neuro-psychiques* ou conscience de soi. Contrôle objectif des témoignages sur les réactions neur о -psychiques.

Application des réflexes symboliques a l'appréciation des données externes et internes. — Les réflexes symboliques ne présentent pas seulement une réaction associée aux perceptions ou évocations mnésiques, mais encore la décharge des processus bien plus profonds d'appréciation sensorielle. Voici un point où l'activité neuro-psychique semble échapper à l'étude objective. L'appréciation des processus réactifs n'est plus en rapport direct avec la force de l'excitant ; elle dépend beaucoup plus de l'état momentané de l'individu, des réactions qui l'ont précédée et des associations qu'elle fait naître. Les variations cérébrales qui y correspondent échappent tout à fait à l'observation. Mais la réaction se fait toujours à l'aide de la symbolique verbale et, en tant que arcs réflexes, ces jugements font tout de même partie de la psychologie objective. S'ils ne diffèrent pas, pour nous, au point de vue qualitatif, ils se distinguent par leur mécanisme et présentent des rapports très différents au monde extérieur.

Commençons par l'appréciation des processus externes.

La symbolique verbale ne trahit rien ici des différences que nous venons de signaler. L'homme s'exprime comme si tout se passait de la même manière. Il dit qu47 sent une douleur ou un

chatouillement; qu il voit une lumière ou un objet; qu'il entend un son ou un bruit. En réalité, ce sont là des réactions très diverses et diversement localisées. Dans la région cutanée les impressions de contact se produisent à la surface Ли corps, ce qui permet d'apprécier le volume et la conformation de l'excitant, tandis que d'autres impressions, comme par exemple les piqûres ou les variations thermiques, se forment au delà des téguments et ces derniers ne permettent d'apprécier que l'intensité de l'excitant. Les impressions sonores comprennent une réaction motrice de la tête qui détermine bien la direction du son, mais ne renseigne que très vaguement sur la distance de celui-ci. Les impressions visuelles sont bien plus complètes et renseignent aussi bien sur la direction que sur la distance et la forme des objets. Les impressions gustatives se forment de nouveau au delà des téguments, mais les mouvements de la langue permettent de se rendre compte des dimensions de l'excitant. Il en est de même pour les impressions olfactives qui ne permettent d'apprécier que les données de l'intensité, mais s'accompagnent de réactions motrices -qui renseignent sur l'étendue et la localisation de l'excitant.

Gomme on le voit, ce sont là des processus très différents, qui méritent d'être étudiés en détail.

Appréciation des excitations tactiles. — Voici d'abord ce qui sert de base à l'appréciation des excitations tactiles.

On peut distinguer ici les excitations mécaniques, l'excitation pilaire (trichesthésie) et l'excitation par les vibrations.

Les excitations mécaniques. — Les excitations mécaniques de la surface cutanée et des muqueuses comprennent les contacts, les pressions et les excitations « douloureuses »> telles que piqûres, contusions et blessures. Ces différents termes se rapportent à des réactions nettement différenciées. Ainsi, le terme contact indique une réaction locale de nature offensive; le terme pression, un réflexe originairement offensif, mais qui, au delà d'une certaine limite, prend une forme défensive ; les excitations douloureuses, des réflexes défensifs qui sous une

excitation quelque peu violente se transforment en réaction générale de l'organisme. A cela il faut ajouter les effets respiratoires, sécrétoires et vasomoteurs, ainsi que la différenciation qui résulte de la différence des régions corporelles. Le fait est qu'à certains endroits du corps, dans les régions dites réflexogènes, il suffît d'un contact très léger pour déterminer un réflexe, tandis qu'à d'autres endroits pour le provoquer il faut une action violente. Voilà ce qui se trouve à la base de l'appréciation tactile.

Aubert et Kammler ont remarqué à ce sujet qu'à la racine des poils les réactions sont plus nettes que dans les espaces interpilaires l. Blaschko a confirmé ce fait, disant que l'excitation porte ici sur le saccule pilaire 2. Tel est aussi l'avis de Blix 3 et de Goldscheider 4 pour qui les « points de pression » coïncident généralement avec les saccules pilaires.

Quant au seuil de l'excitabilité mécanique il s'est montré différent selon les endroits du corps. Ainsi, dans la région du front, il suffit d'un poids de 0,002 grammes pour déterminer une appréciation tactile, tandis que dans la région du ventre il faut exercer une pression d'au moins 0,005 grammes.

L'excitation pilaire. — En ce qui concerne l'excitation pilaire proprement dite, elle a été l'objet de recherches spéciales et nous pouvons signaler, pour notre part, les expériences du Dr Noïschewsky 6, du même avec Ossipoff e, nos propres 7 et celles du DrTschoudnowsky 8.

1. Aubert u. Kammler. Das Minimum d. Druckempfindung. Moleschott's Unters., 1858.

2. Blaschko. Zur Lehre von den Druckempfîdungen . Du Bois Rey-

mond's Arch., 1885.

3. M. Blix. Exper. Beitrage z. Lôsung d. Frage iiber die spec. Energie d. Haulnerven. Zeilschr. f. Biol., 1884 et 1885.

4. A. Goldscheider. Nachtrag z. Mittheil. iiber d. spec. Energie d. Hautnerven. Monatschr. f. Dermatologie, 1885.

5. Nowiny Lekarsky (en polonais), 1896, n° 6, 1897, n° 5, et Thèse, Saint- Pétersbourg, 1900.

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